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    Au Far West - 01ère partie // Dr Quinn

    Séries : Crossover Stargate SG-1 et Dr Quinn

    Genre/Pairing : romance Jack & Sam, action, aventure.

    Saison SG-1 : 7, Jack est colonel, Sam est major, Janet est vivante, Pete et Kerry n'existent pas.

    Saison Dr Quinn : 4 (1870) Mike et Sully sont mariés depuis peu.

    Disclaimer : Les personnages de la série SG1 appartiennent à la franchise Stargate et à la MGM. Ceux de Dr Quinn appartiennent à CBS.

    Certains personnages sont de ma propre invention. Avec l'aimable autorisation d'Angelgym pour James O'Neill.

    1/ Mission sauvetage

    Le major Samantha Carter avait passé quinze jours chez son frère, à San Diego, Californie. Elle venait tout juste d'atterrir à l'aéroport de Denver, en retard à cause des intempéries et son ami Daniel Jackson devait venir la chercher.

    Elle avait récupéré ses bagages quand on l'appela. Elle n'eut pas besoin de se retourner pour reconnaitre la voix du colonel Jack O'Neill, son supérieur et amour secret.

    -"Bonjour Carter, vous avez fait bon voyage ?" lui demanda-t-il avec un grand sourire.

    Il avait eu un peu de temps pour l'observer à loisir, sans qu'elle le sache, pendant qu'elle attendait ses valises.

    Elle était bronzée, sa peau avait une belle couleur cuivrée et ses cheveux, lui arrivant aujourd'hui aux épaules, s'étaient éclairci avec le soleil. Elle portait une robe légère en coton blanc, qui faisait ressortir son bronzage. Elle était splendide.

    -"Bonjour monsieur" salua Sam. "Daniel n'a pas pu venir ?"

    -"Non, il s'est foulé la cheville hier, il m'a demandé de venir vous chercher."

    -"Vous n'étiez pas obligé, j'aurai pris un taxi monsieur. Il ne fallait pas vous donner cette peine."

    -"Carter, si je l'ai fait c'est parce que ça me faisait plaisir et je n'allais pas vous laisser rentrer avec un inconnu alors que je n'avais rien de spécial à faire."

    -"Merci dans ce cas" répondit Sam.

    Jack attrapa la grosse valise et entraina sa collègue vers son pick-up. Pendant que Jack conduisait, il posa des questions à Sam sur ses vacances et cette discussion dura jusqu'au domicile de la jeune femme, dans le centre de Colorado Springs.

    Arrivée devant chez elle, la jeune femme soupira.

    -"Carter, est-ce que tout va bien ?" demanda son supérieur, inquiet.

    -"Oui mon colonel, merci. Je pense juste que ça va me faire tout drôle de me retrouver seule chez moi, devant mon frigo vide alors que j'ai passé deux semaines extraordinaires..."

    -"Venez diner chez moi si vous voulez, pizza/bière/télé ? C'est pas le grand luxe mais ça vous évitera la déprime" proposa Jack. Il habitait une maison, en dehors de la ville.

    -"Avec plaisir, j'apporte quoi ?"

    -"Rien, je vous laisse vous poser un moment et venez quand vous serez prête" dit Jack avec un grand sourire. Il lui avait déjà proposé de nombreuses fois de passer une soirée avec lui et elle avait toujours refusé. Là, il avait progressé un peu.

    Sam était rentrée chez elle, avait lancé une lessive et prit une douche. Elle s'était changée et portait une robe noire à pois blancs, élégante mais pas trop habillée pour une soirée pizza.

    Elle se chaussa de ballerines assorties à sa tenue, se maquilla et se parfuma légèrement.

    Elle ne comprenait toujours pas ce qui l'avait poussé à accepter l'invitation du colonel mais ça lui faisait le plus grand bien. Son frère lui avait fait la morale un soir, chez lui. Selon Mark, elle laissait passer sa carrière avant sa vie de femme et à ce rythme-là, elle finirait soit seule soit mariée avec le mauvais mec.

    Sam avait décidé de prendre sa vie en main et l'homme qu'elle voulait venait justement de lui proposer de passer la soirée avec lui. Ils étaient amis de longue date mais elle devait s'assurer des sentiments de Jack à son égard avant de faire une bêtise.

    ***

    Sam se gara devant chez Jack deux bonnes heures après qu'il l'ait déposée chez elle. Elle sortit de sa voiture, avec un pack de bière fraîche et des sodas. Elle sonna à la porte et celle-ci s'ouvrit quelques instants plus tard.

    Jack s'était changé aussi et portait une chemise noire et un jean. Sam pouvait sentir son eau de toilette depuis la porte d'entrée. Cette odeur l'enivrait. Elle lui offrit son plus beau sourire.

    -"Mon colonel, j'ai apporté ça" dit-elle en tendant son bras devant elle, pour lui présenter les bières.

    -"Mes préférées, vous êtes parfaite mais il ne fallait pas" dit Jack, en souriant. Il ajouta : "Sam, quand nous sommes seuls tous les deux, en dehors de la base, vous pouvez m'appeler Jack vous savez."

    -"Je déteste arriver les mains vides, Jack."

    Il lui fit signe d'entrer chez lui et referma la porte derrière elle. Elle passa par la cuisine déposer les boissons et Jack lui tendit le menu de la pizzeria pour qu'elle fasse son choix.

    Puis, il passa la commande et ils s'installèrent au salon, pour chercher un programme.

    La pizza fut livrée dans la demi-heure qui suivit, alors qu'ils étaient installés sur le canapé à rire. Jack racontait à Sam les dernières aventures de Daniel et Teal'c. Ils ne prêtaient aucune attention au film qui défilait sur l'écran.

    Ils dînèrent rapidement, toujours dans la bonne humeur. Jack était ravi de revoir sa collègue. Elle lui avait manqué pendant quinze jours. Il avait été très occupé car il était parti en mission de reconnaissance avec Daniel et Teal'c, mais le temps lui avait paru long.

    -"Pendant que j'y pense, le général Hammond m'a appelé tout à l'heure, nous avons un briefing à 8H demain matin" dit Jack.

    -"Très bien Jack. Je vais vous laisser alors, je ne vais pas vous empêcher d'aller vous coucher" dit Sam.

    -"Non, restez, j'aime bien être avec vous, Sam." La jeune femme rougit.

    Jack profita de son trouble pour se pencher vers elle et l'embrasser délicatement sur les lèvres.

    -"Jack" murmura la jeune femme, le cœur battant la chamade dans sa poitrine.

    Se méprenant, Jack voulut s'éloigner de Sam mais celle-ci agrippa sa chemise et l'attira à elle, pour un second baiser. Ils les enchainèrent fiévreusement.

    Sam quitta le domicile de Jack après quelques minutes, riches en caresses et baisers. Elle ne voulait pas passer la nuit avec lui. Non pas qu'elle n'avait pas envie de lui mais justement parce qu'elle avait peur de se précipiter.

    ***

    Le lendemain matin, Sam arriva toute souriante au SGC. Elle passa le premier poste de garde et entra dans l'ascenseur. Au moment où les portes allaient se fermer, une main vint empêcher leur fonctionnement. Elle reconnut son colonel et le salua : "Bonjour mon colonel."

    -"Bonjour major" dit Jack en lui souriant. "Comment allez-vous ?"

    -"Très bien, monsieur, merci. Et vous ?"

    -"J'ai passé une excellente soirée hier mais j'ai eu du mal à dormir après le départ de mon amie..." dit-il avec un sourire en coin.

    -"Votre amie a peut-être besoin d'un peu de temps pour partager plus... d'intimité" dit Sam en rougissant, sans regarder son ami.

    -"Oh mais je lui laisse tout le temps qu'elle veut, je peux être très patient."

    Elle leva la tête pour vérifier qu'il ne se moquait pas d'elle. Il avait l'air sérieux et elle l'aimait encore plus.

    Arrivés à leur niveau, ils se séparèrent devant les vestiaires mais Jack demanda à ce qu'ils s'attendent à la sortie. Ils allèrent ensuite au mess pour le petit déjeuner et se rendirent ensemble en salle de briefing.

    Daniel et Teal'c étaient déjà présents, ainsi que le général.

    -"Bonjour mon général" dirent les militaires, en chœur.

    -"Jack, tu es ponctuel ce matin, c'est rare ! Sam t'a tiré du lit ou quoi ?"

    -"Daniel !" lança Sam, outrée par les propos de son ami. "J'allais te demander si ça allait mais je constate que oui !"

    -"Asseyez-vous tous les deux, j'ai à vous parler" dit le général Hammond.

    Tout le monde s'exécuta et attendit que le général prenne la parole.

    -"Vous devez sûrement être au courant des intempéries qui touchent notre état ?" Tout le monde hocha la tête. "L'état-major nous demande de cesser nos activités momentanément pour aller aider les autorités locales. Je suspends donc toutes les sorties off world. Toutes les équipes encore en activité ont été prévenues de terminer au plus vite et de rentrer aider. Vous partez dès maintenant sur une zone inondée à la sortie de la ville. Colonel, suivez-moi que je vous donne votre ordre de mission" dit le général en quittant la pièce.

    Jack suivit le général pour prendre le dossier. Daniel avait la cheville foulée mais pouvait toujours donner un coup de main au centre de secours.

    ***

    Au moment où Jack allait quitter le bureau du général, le téléphone de ce dernier sonna. Hammond décrocha en faisant signe à son second de rester.

    Il parla quelques minutes et annonça à Jack, après avoir raccroché, que son équipe et lui partaient séance tenante vers la rivière. Un glissement de terrain avait emporté un car scolaire. Seuls le chauffeur et trois jeunes enfants étaient coincés dedans mais les autorités locales n'arrivaient pas à les sortir de là.

    Jack sorti en courant chercher son équipe pour sauver les quatre vies.

    Ils montèrent à bord d'un hélicoptère du SGC, piloté par Jack. Ils avaient du matériel de sauvetage à bord. Sam, la copilote, appela le responsable des opérations, pour lui demander un compte-rendu détaillé. Elle passa la transmission sur la radio interne de l'appareil, pour que tous les membres entendent.

    Le chef des pompiers les informa que le bus s'était renversé mais que le conducteur avait cassé une vitre pour essayer de sortir, sans succès. Le bus était dans la rivière mais enlisé et stable pour le moment. Cependant, avec la pluie et la crue montante, ils ne savaient pas combien de temps ça allait durer. On ne pouvait pas atteindre le bus depuis la berge et les passagers ne pouvaient pas sortir pour les mêmes raisons : ils seraient emportés par le courant.

    Les enfants, tous trois frères et sœurs, avaient cinq, sept et onze ans.

    Une fois proche de la zone sinistrée, Sam demanda au capitaine de faire rentrer les rescapés dans le bus car le vent créé par les rotors pouvait faire des dommages : soulever encore plus l'eau de la rivière, briser des branches et les envoyer vers les rescapés ou encore les faire glisser du toit. Elle voulait voir la situation de ses propres yeux avant de les faire monter sur le bus.

    Jack survola le bus pour voir l'étendue du problème et prévint le capitaine qu'il allait déposer deux de ses hommes au sol. Il chargea Daniel de rejoindre la tente de commandement. Teal'c quand à lui devait s'arranger pour lancer un câble depuis la berge jusqu'au bus, et envoyer une radio au conducteur.

    Jack se posa rapidement dans la clairière où se déroulaient les opérations et s'envola à nouveau. Il surveilla la progression de Teal'c qui avait couru vers le bus pour faire ce que le colonel avait demandé. Entre-temps, le général Hammond était arrivé sur place et supervisait la mission avec le shérif et le chef des pompiers.

    Sam s'équipa d'un harnais et en prit un second pour accrocher les enfants. Elle devait descendre le long d'un filin et les remonter un à un, grâce à une poulie mécanique qu'elle actionnerait depuis son équipement de secours.

    Quand Jack lui en donna l'ordre, elle descendit grâce au filin.

    -"Fais attention à toi" dit Jack, dans le casque. Seule Sam pouvait l'entendre mais elle était trop concentrée sur sa descente difficile pour lui répondre. En effet, l'hélicoptère faisait beaucoup de vent et elle vacillait de gauche à droite. Elle ne pouvait aller trop vite car en se balançant, elle mettait la stabilité de l'appareil en péril, même si Jack était un excellent pilote.

    Après plusieurs longues minutes, elle réussit à atteindre le bus. Elle appela le conducteur avec sa radio et il lui demanda de prendre la petite fille de cinq ans en premier. En effet, elle ne savait pas nager, elle était frigorifiée et terrorisée.

    Sam avait du mal à tenir sur le bus, car il était trempé, elle glissait et le vent de l'hélico ne l'aidait pas vraiment à trouver une prise. Elle comprit alors pourquoi Jack avait demandé à Teal'c de tendre un câble, elle entoura donc une de ses chevilles autour du câble pour rester stable et accrocher la fillette au harnais. Elle se débattit un moment mais réussit à remonter avec son fragile fardeau. Elle ne pouvait pas parler à la fillette à cause du bruit mais elle la serra fort contre elle, pour la réchauffer. La montée dura encore plus longtemps que la descente.

    Sam eut beaucoup de mal à hisser avec la fillette dans l'appareil car Jack pilotait et personne n'était à bord pour l'aider, heureusement que l'enfant était légère. Elle y parvint finalement et Jack se rendit dans la clairière pour déposer la fillette. Il avait demandé à Teal'c de les rejoindre pour aider Sam pour les prochains sauvetages.

    Sam recommença la manœuvre avec un des frères de la fillette, âgé de sept ans. Il avait l'air moins terrorisé que sa sœur mais semblait soulagé de la voir revenir pour lui. Il s'accrocha à son cou de toutes ses forces pendant qu'ils remontaient.

    Teal'c aida le jeune garçon à se hisser dans l'appareil, ce qui soulagea Sam. Ils le déposèrent ensuite auprès des secours, où il fut pris en charge par les pompiers, comme sa petite sœur.

    Ils retournèrent sauver le plus grand de la fratrie, âgé de onze ans. Le vent s'était levé et la mission s'avérait de plus en plus compliquée. La pluie n'avait pas cessé.

    Sam était épuisée mais ne voulait pas le montrer. Quand Jack lui demanda si elle se sentait la force d'aller secourir le chauffeur après, elle affirma que oui. De toute façon, elle seule pouvait assurer le sauvetage car elle était plus légère et risquait donc moins de déstabiliser l'hélicoptère avec ses balancements.

    Elle descendit pour la dernière fois et aida le chauffeur à passer le harnais. Il tremblait de froid mais la remercia d'un regard. Il avait demandé à sauver les enfants en premier, quitte à se noyer dans la rivière en pleine crue. Sam l'avait bien compris et elle éprouva beaucoup de respect pour cet homme. Le niveau de l'eau était monté d'un cran et on entendit un drôle de craquement : le bus commençait à sombrer à cause de la pression de l'eau. Le câble le reliant à un des véhicules de pompier fut arraché et passa près des jambes de Sam.

    La remontée fut plus longue et tumultueuse. Jack prévint dans le casque de Sam qu'il allait remonter un peu car son poids combiné à celui du chauffeur les faisait basculer un peu et il s'approchait dangereusement de la cime des arbres.

    Il ne voulait pas que Sam et son protégé soient blessés par des branches ou des débris. Le chauffeur avait atteint un patin de l'hélicoptère et Teal'c se pencha dangereusement en avant pour l'aider à monter à bord. Ils s'étaient agrippés les avants bras pour une meilleure prise.

    L'hélicoptère bascula à cause du déplacement de Teal'c et Jack eut bien du mal à stabiliser son engin. Le rotor arrière semblait avoir des ratés, Sam le voyait très bien d'où elle était. Son filin se bloqua au même moment.

    Elle constata qu'elle était au moins à un mètre sous l'hélicoptère, elle n'avait pas la force de monter à bout de bras. De plus, ses gants étaient trempés et elle glisserait si elle tentait de remonter seule.

    -"Teal'c" dit-elle dans la radio "lancez-moi un sac de survie !"

    -"Sam, qu'est-ce que tu fais ?" demanda Jack, très inquiet par la demande de la jeune femme. Il essayait de garder son hélico stable et ne la voyait pas. Il gardait ses yeux sur ses instruments.

    -"Teal'c ! Maintenant !" hurla le major. L'hélicoptère commençait à tourner sur lui-même, ce qui était très mauvais signe. Jack devait redresser l'appareil avant qu'il ne s'écrase, tout le monde entendait les bips résonner dans le cockpit et dans la radio. Sam se balançait de plus en plus vite et elle savait que son poids se balançant au bout du filin n'aidait pas. La situation devenait critique.

    Teal'c accrocha un sac de survie sur le filin, grâce à un mousqueton et regarda Sam droit dans les yeux. Sam réceptionna le kit de survie. Teal'c avait ouvert de grands yeux sous la peur que sa demande avait créée chez lui. Il avait compris ce qu'elle cherchait à faire et le kit de survie serait sa seule chance, ils le savaient tous les deux.

    Jack hurlait le prénom de Sam dans la radio mais celle-ci avait déjà accroché le sac à son harnais et avait sorti son couteau, qu'elle accrocha à son poignet grâce à une cordelette.

    -"ça va aller Jack" dit-elle dans la radio, avant de couper la corde au-dessus d'elle. Teal'c la regarda faire avec horreur. Cette image resterait gravée à jamais dans sa mémoire. Il fit une prière jaffa pour la paix de l'âme de son amie.

    -"Saaaaaaaaaaaaaaaaaam ! Non !" Hurla Jack quand il sentit l'appareil se stabiliser.

    Il comprit alors ce que Sam venait de faire. Elle avait sacrifié sa vie pour les leurs. Elle plongea de plusieurs mètres dans l'eau glacée du fleuve.


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  • Lendemain de fête

    Genre/Pairing : Romance Jack & Sam / Humour

    Saison : 7, Jack est colonel, Sam est major

    Disclaimer : Les personnages de la série appartiennent à l'univers Stargate.

    Note de l'auteur : J'ai eu beaucoup de mal à finir cet OS, soyez indulgents svp :p

    ***

    Certains lendemains de fête peuvent être difficiles, surtout quand il faut ouvrir les yeux. C'était le cas ce matin-là pour le Major Samantha Carter. Elle sentait sa boite crânienne sur le point d'exploser. Elle tentait de se souvenir des événements de la veille mais c'était plutôt flou et confus. Elle tenta une nouvelle fois d'ouvrir les yeux et la semi-obscurité de la pièce où elle se trouvait ne l'aida pas. Elle savait qu'elle n'était ni dans son lit ni dans sa chambre et cette pièce ne lui était pas spécialement familière, elle n'était donc pas chez elle, ce qui ne lui indiquait pas où elle avait passé la nuit.

    Elle se tourna doucement dans le lit, souleva les draps et décida de se lever, tout en douceur pour ne pas aggraver son mal de tête. Elle fut soulagée de constater qu'elle était habillée même si sa robe avait clairement connu des jours meilleurs. Elle était froissée et semblait avoir été éclaboussée par de l'alcool, à en juger par l'odeur. Cela souleva le coeur de Sam et elle lutta contre la nausée. Cependant, au fur et à mesure que sa vue s'habituait à l'obscurité, Sam sembla reconnaitre la chambre et pria pour se tromper. Si c'était bien l'endroit auquel elle pensait, elle y était déjà venu deux fois… dans un cadre strictement professionnel.

    La pièce où elle se trouvait était calme et silencieuse, Sam espérait être seule afin de partir aussi discrètement que possible. Elle ouvrit la porte de la chambre et trouva un couloir, menant sur sa gauche à une autre chambre et sur sa droite, vers ce qui semblait être le salon. Cela confirma ses soupçons et elle ferma les yeux, espérant se réveiller de ce cauchemar...

    Elle lissa sa robe et se dirigea vers le salon où la télé était allumée, d'après ce qu'elle pouvait entendre. "Faites que je me réveille, faites que je me réveille" pensa-t-elle.

    Malheureusement pour elle, le "Hey Carter !" qui ponctua son entrée lui fit réaliser qu'il ne s'agissait pas d'un rêve mais plutôt d'un cauchemar, mais qu'elle n'avait aucune chance de se réveiller dans de meilleures dispositions.

    "Bonjour, mon Colonel" dit-elle timidement, sans regarder le propriétaire des lieux.

    "Il y a du café frais dans la cuisine, si vous voulez. Et un tube d'aspirine !"

    Sam hocha la tête et accepta. Elle se servit et profita de la cuisine américaine pour observer son supérieur à son insu. Il portait un bas de jogging avec un t-shirt de l'Air Force. Il avait les chevilles croisées sur sa table basse, pieds nus, tout en lisant son journal. D'après ce qu'elle pouvait voir, ses cheveux presque blancs étaient en bataille, juste comme elle les aimait.

    Elle buvait son café, debout dans la cuisine, quand Jack O'Neill se tourna pour la regarder.

    "Et si vous vous installiez plus confortablement pour boire ça, non ?"

    Sam se décida à quitter sa cachette pour s'asseoir sur un des fauteuils du salon, en évitant toujours de regarder son supérieur.

    "Je pensais que vous alliez dormir plus longtemps" dit doucement Jack.

    Sam leva les yeux, finalement et fut surprise de voir un léger sourire sur le visage de l'homme face à elle.

    "Je, hum, je me lève toujours très tôt, depuis toute petite, ça rendait mes parents dingues."

    Sam se sentait comme passée au scanner, Jack étudiait chaque trait de son visage et de son corps, en souriant. Elle rougit.

    "Vous devriez prendre une douche. J'ai préparé quelques affaires pour vous dans la salle de bain."

    Sam se leva et déposa sa tasse dans l'évier. Jack avait probablement fait la vaisselle en se levant car des verres - beaucoup de verres - séchaient encore. Quand elle alluma la lumière de la salle de bain, elle eut un mouvement de recul en se voyant. Elle comprit alors pourquoi Jack souriait en la regardant un peu plus tôt : son mascara avait coulé sous ses yeux avec son fard à paupière. Ses cheveux semblaient avoir été passés au mixer et elle avait une mine affreuse. Elle trouva une serviette propre, une brosse à dents neuve et un jogging. Elle retira ses vêtements et entra dans la cabine de douche.

    Sam resta un moment sous le jet d'eau brûlant, tentant de rassembler les souvenirs de la soirée de la veille. Tout était flou... Elle se souvenait que le Colonel avait invité son équipe à passer la soirée chez lui avec quelques amis à lui. Il était prévu qu'ils regardent un match à la télé, en buvant quelques bières. Elle avait décidé de mettre une petite robe noire, très simple, pour changer des tenues de la base ou encore ses éternels jeans et chemises.

    Les amis du Colonel étaient des hommes charmants, même génération que lui - anciens des Forces Spéciales pour la plupart - et la soirée avait été très agréable, aussi loin que Sam s'en souvienne.

    Elle se décida à quitter la douche et à enfiler les vêtements prêtés par son supérieur. Bien entendu, le t-shirt et le jogging étaient un peu grands et le Colonel avait pensé à lui prêter un caleçon, car il ne disposait de toute évidence pas de sous-vêtements féminins - le contraire aurait été étonnant. Sam aurait bien aimé remettre son soutien-gorge mais une forte odeur d'alcool s'en dégageait également.

    Quand elle quitta la salle de bain, Jack était toujours installé au salon, avec son journal. Il ne semblait pas avoir bougé d'un pouce.

    "Ca va mieux ?" demanda-t-il, doucement.

    "Se laver les dents fait un bien fou, je dois le reconnaitre, merci."

    Jack plia son journal pour la regarder et sourit avant d'ajouter "comme se démaquiller, j'imagine."

    Sam s'était lavé le visage au savon de Marseille pour retirer toute trace de maquillage.

    "Si vous avez mal au crâne, j'ai des cachets d'avance, si vous voulez."

    "Ca ira pour le moment, merci Monsieur."

    Jack laissa échapper un petit rire.

    "Quoi ?" demanda Sam en s'asseyant sur un fauteuil.

    "C'est l'utilisation du Monsieur qui me fait rire. Vous étiez nettement moins guindée hier soir."

    Sam se prit la tête dans les mains.

    "Oh non... qu'est-ce que j'ai fait ?"

    "Avant tout, je dois avouer que je ne vous connaissais pas ce côté câlin, Carter."

    "Pardon ?" demanda Sam, horrifiée.

    "Ca explique aussi pourquoi d'habitude, vous vous limitez à deux ou trois bières !" dit Jack, visiblement amusé. "Vous avez passé la moitié de la soirée dans les bras de Teal'c, qui semblait apprécier la proximité. Ensuite, quand Daniel a été dans le même état que vous, avec trois fois moins d'alcool, il s'est joint à vous."

    Sam avait toujours les mains plaquées sur son visage et secouait doucement la tête de gauche à droite.

    "Quand ils sont partis, vous avez jugé bon d'inviter mes amis à participer à un karaoké improvisé et vous dansiez presque sur la table. J'ai usé de toute mon autorité car je ne voulais pas vous accompagner aux urgences en cas de chute..."

    Jack semblait toujours très très amusé par le comportement de son second.

    "Oh mon Dieu, la honte..."

    "Oui, pour vous mais nous, c'était une bonne soirée. En revanche, vous êtes difficile à suivre quand vous êtes partie ! J'ai dû cacher toutes mes bouteilles d'alcool !"

    Jack resta pensif un moment, avant d'ajouter "et j'ai aussi dû planquer le "Twister" parce que ça aurait pu être drôle mais encore plus gênant avec votre robe…"

    "Mon colonel, je… je ne sais pas quoi dire… Je suis vraiment désolée !"

    "Hey Carter, ce n'est rien ! On a déjà vu pire, je vous rappelle que mes amis et moi étions dans les Forces Spéciales !"

    "Qu'est-ce que je dois comprendre ?" demanda Sam, un peu perdue.

    "Certaines missions étaient plus dures que d'autres, donc quand on rentrait, on allait boire un verre ou deux, mais ça finissait rarement aussi bien qu'hier !" expliqua Jack, pensif.

    "Et comment vos épouses vivaient-elles ces situations ?"

    Jack se leva pour se servir un café, il tendit une tasse à Sam.

    "Nous sommes tous divorcés, ça en dit long, vous ne croyez pas ?" répondit Jack, un peu amusé.

    Sam savait que dans son cas, le divorce ne concernait pas seulement ses éventuels problèmes de boissons, mais elle se garda de tout commentaire.

    "Ceci dit, Sam, je suis bien content de vous avoir vu lâcher du lest ! J'étais sûr que vous finiriez par ne plus supporter toute cette pression !"

    "J'imagine que ça n'est pas une raison pour danser sur la table basse de la maison de mon supérieur !"

    "Et si vous me voyiez comme un ami et pas comme votre colonel ?"

    "Hum… dans ce cas, c'est peut-être un peu moins gênant" admit Sam.

    "Maintenant, d'ami à amie, je peux vous dire que vous êtes très amicale quand vous avez un coup dans le nez."

    "Vous me l'avez déjà dit, j'ai passé la soirée dans les bras de Teal'c."

    "Oui mais ça c'était avant son départ avec Daniel. Ensuite, quand notre ami n'a plus été là, j'ai joué la peluche de substitution…"

    Sam manqua de recracher une gorgée de son café.

    "Pardon ?" demanda-t-elle avec de grands yeux.

    "C'était bien plus tard, quand on a voulu faire un poker. Vous vous êtes installée sur mes genoux, les bras autour de mon cou. Vous avez bien essayé de me déconcentrer mais ça n'a pas marché. En revanche, les autres avaient les yeux rivés sur vous, j'ai donc gagné la partie !"

    "Dites-moi que je n'ai rien fait d'autre que regarder vos cartes, Jack, je vous en prie !"

    Le ton suppliant surprit le Colonel, autant que l'utilisation de son prénom, mais après tout, il avait proposé d'être son ami…

    Jack s'éclaircit la gorge et Sam comprit que ce qui allait suivre n'allait pas lui plaire.

    "En fait, Sam, vous avez été assez entreprenante mais rien de grave."

    Sam se leva, rattrapant le bas de son jogging et déclara "je pense que je vais rentrer chez moi avant que ça ne devienne encore plus embarrassant !"

    "Carter ! Je sais que même vous avez besoin de faire retomber la pression de temps en temps, je ne vous juge pas."

    D'un geste, Jack invita Sam à se rasseoir.

    "Avec tout ce que vous avez traversé, je dirais même qu'il était temps que ça sorte."

    Sam ramena ses pieds sous ses fesses et plongea son visage entre ses genoux.

    "Que savez-vous au juste ?"

    "Ce que Daniel a bien voulu me dire."

    Sam releva la tête, elle n'était visiblement pas contente que son ami ait trahi sa confiance.

    "Sam, il m'a juste raconté dans les grandes lignes à mon avis, juste pour que je fasse plus attention à vous et surtout que je vous fiche un peu la paix en mission."

    "Je sais que ça part d'un bon sentiment mais je vais quand même le tuer !"

    Jack ricana.

    "Je connais ça, il m'arrive souvent d'avoir le même sentiment envers lui !"

    Il adorait Daniel, c'était son meilleur ami mais il était curieux et incapable de garder un secret.

    "Je comprends à quel point ça dû être dur de mettre un terme à votre relation avec Pete, surtout après l'enquête qu'il a menée sur vous et son arrivée soudaine devant le domicile de Daniel. Mais je reste persuadé que c'était la bonne solution, Sam."

    "Jack, vous ne comprenez pas..." dit Sam d'une voix plaintive.

    Il la regarda sans comprendre où elle voulait en venir.

    "C'était ma seule chance d'avoir une vie normale, une perspective d'avenir... de peut-être me marier et avoir des enfants, avant qu'il ne soit trop tard !"

    Jack se leva et passa une main dans ses cheveux.

    "Sam, si je comprends bien, vous vous êtes accrochée à lui pour ce qu'il avait à vous offrir ?"

    "Bien sûr ! Je suis un peu triste parce qu'il était gentil mais surtout, il pouvait m'offrir ce que... d'autres ne peuvent pas."

    Sam sentait qu'elle était sur une pente glissante mais elle ne le réalisa que trop tard. Jack faisait les cent pas dans son salon.

    "Vous êtes sérieuse, Carter ? Vous aviez vraiment l'intention d'aller jusqu'au mariage et donner des enfants à ce... type, sous prétexte qu'il pouvait les faire avec vous ?"

    Sam inclina la tête sur le côté : présentées comme ça, les choses paraissaient glauques... très glauques !

    "Euh..." elle avala sa salive pour lui donner quelques secondes supplémentaires. "Je... hum..." mais aucune réponse cohérente ne quitta ses lèvres.

    "Et il n'y a personne d'autre à qui vous puissiez demander ce service ?"

    Sam se leva, refusant d'avoir cette conversation avec Lui. Elle se leva et se dirigea vers la porte d'entrée.

    "Mon Colonel, je pense qu'il est temps que je rentre chez moi !"

    Jack attrapa son bras, doucement et l'attira à lui.

    "Tes sentiments ont changé ?"

    "Pardon ?"

    "Depuis le test, est-ce que tes sentiments ont changé ? Dis-le-moi, Sam."

    "Non non, bien entendu ! J'aimerais être aussi droite que Sir Lancelot du Lac et te rester fidèle jusqu'à la fin de ma vie mais... je veux une vie normale, rentrer chez moi, retrouver mon mari et mes enfants..."

    "Alors, il est temps que l'un de nous deux prenne sa retraite et puisque c'est mon idée et que je suis le plus vieux, cet honneur me revient !"

    Avant que Sam ne puisse objecter, Jack la fit taire avec un baiser.

    "Jack, comment j'ai fini dans ton lit ?"

    "Question pertinente, très chère !" s'exclama Jack, serrant Sam un peu plus fort dans ses bras.

    Il la guida vers le canapé.

    "En fait, tu semblais très désireuse de mieux faire connaissance avec moi... sur un plan physique. Donc je t'ai conduite à ma chambre et je t'ai mise au lit, en tout bien tout honneur. Dans les secondes qui suivirent, tu ronflais si bruyamment, que je me suis dit que tu ne remarquerais pas si je te laissais."

    Sam gloussa et Jack décida d'approfondir leur baiser. Ils passèrent le reste de la journée à regarder la télé et à discuter, confortablement installés dans les bras l'un de l'autre.

    Une nouvelle vie commença pour eux la semaine suivante quand Jack présenta sa démission au Général Hammond et que Sam s'installa chez lui.

    FIN


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  • Bon baisers d'Atlantis

    Série : Stargate SG-1 / SGA

    Genre/Pairing : Romance Jack & Sam, tout public.

    Après la série SG1, pendant la saison 4 d'Atlantis : Jack est général à Washington, Sam est colonel et a épousé Pete.

    Disclaimer : Les personnages de la série appartiennent à l'univers Stargate.

    Résumé : Quelques années après son mariage avec Pete, Sam est envoyée sur Atlantis, prendre la relève du Dr Weir. Elle doit quitter la Terre et renouer avec une ancienne connaissance.

    Note de l'auteur : Avant de me jeter des cailloux, lisez l'histoire jusqu'au bout svp ;)

    Bonne lecture !

    ***

    Je m'appelle Samantha Carter et il y a environ quatre ans de cela, j'ai épousé un homme dont je n'étais pas vraiment amoureuse, faute de mieux.

    J'éprouve depuis de nombreuses années de forts sentiments envers celui qui a été pendant huit ans mon supérieur hiérarchique, le général Jack O'Neill.

    Notre chaîne de commandement nous empêchait d'être ensemble et comme ni l'un ni l'autre ne souhaitaient abandonner sa carrière, j'ai décidé d'épouser Pete Shanahan. Cette nouvelle n'a pas fait plaisir au général.

    Jack O'Neill a quitté le SGC à la même période pour prendre un poste à Washington. Je suppose qu'il ne voulait plus me voir après ça.

    Après le départ de Jack, un nouveau général a pris le relai et SG-1 a été recomposée après mon bref passage en zone 51. J'avais voulu m'éloigner un peu du SGC, pour tenter de m'habituer à son absence, qui me pesait beaucoup.

    J'ai organisé un mariage intime, avec nos proches. Mes amis du SGC sont venus. Daniel savait très bien que je mariais par dépit mais n'a rien montré pendant la réception.

    Jack avait refusé mon invitation au mariage. J'étais effondrée pour le soi-disant plus beau jour de ma vie. Comme j'avais enterré mon père quelques semaines avant, tout le monde a mis ça aussi sur le compte de l'émotion. Mes larmes de tristesse sont passées pour des larmes de joie quand mon frère m'a conduite à l'autel, dans ma robe blanche, mon bouquet de lys roses en main.

    Pete et moi nous sommes installés dans notre nouvelle maison après le mariage, puis dans une routine mortelle. Je passais beaucoup de temps au SGC et je ne comptais pas changer mes habitudes pour mon mari.

    Je ne rayonnais pas de bonheur et ne ressemblais à aucune autre jeune mariée. J'avais d'ailleurs gardé mon nom de jeune fille.

    J'étais toujours volontaire pour partir aux quatre coins de l'univers, dans cette galaxie ou une autre, peu m'importait, tant que je quittais la Terre.

    Je suis partie plusieurs fois vers Atlantis, dans la galaxie de Pégase. Ces voyages me faisaient toujours beaucoup de bien, car je respirais enfin. Comme si mon alliance pompait mon oxygène !

    Je prenais toujours la pilule, pour éviter de tomber enceinte et de devoir m'arrêter. L'idée d'avoir un bébé ne me faisait pas peur, mais je ne voulais pas de l'enfant de Pete.

    Une part de moi rejetait cette idée alors qu'il était mon mari et attendait que je sois prête.

    Mon travail comportait trop de risques et je me cachais volontiers derrière ça. J'avais commis la plus belle erreur de ma vie en me mariant... avec Pete.

    Notre mariage semblait sombrer dans une tendre amitié après seulement un an.

    J'ai croisé Jack quelques fois cette année-là. Il n'avait l'air ni heureux ni contrarié de me revoir, ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Je le voyais m'observer du coin de l'œil, son regard porté en permanence à mon annulaire, si j'avais mon alliance au doigt.

    La seconde année de mon mariage avec Pete fut pire, en quelque sorte. Au fil du temps, nos rapports étaient devenus cordiaux quand nous nous croisions. A nous voir de l'extérieur, on aurait pensé à deux colocataires... Deux amis de longue date, qui se retrouvent de temps en temps pour se raconter leur vie. C'était ridicule et pathétique. Bien entendu, je n'en avais parlé à personne autour de moi, trop honteuse de reconnaître que j'avais pu me tromper et que j'avais des regrets.

    A l'aube de la troisième année, je suis passée du grade le lieutenant-colonel à celui de colonel et on me proposa le commandement de la base d'Atlantis.

    On m'a conseillé de bien y réfléchir, de prendre le temps d'en parler à mon époux. Je n'ai pas tenu et j'ai accepté immédiatement.

    Quand je suis rentrée chez moi, j'ai commencé à prendre quelques affaires auxquelles je tenais. Pete était rentré de bonne heure à ma demande.

    -"Sammy, qu'est-ce que tu fais ?"

    -"Pete, je prends le commandement d'une base éloignée. Je pars dans quelques jours mais j'ai beaucoup de choses à mettre en ordre avant de partir." Je ne l'avais pas regardé depuis son arrivée. J'imaginais déjà son air de chien battu et ça m'agaçait d'avance.

    -"Tu pars longtemps ?" demanda-t-il, tristement.

    -"Oui pour au moins un an ou deux, peut-être plus."

    -"C'est un aller simple alors ? Tu vas me manquer, ma Sammy."

    -"Pete, cessons cette comédie, veux-tu ?"

    -"Je te demande pardon ?"

    Je soupirais un grand coup et me tournais pour le regarder : "Pete, nous nous voilons la face... Ce n'est pas un mariage, c'est un arrangement... Nous avons quelqu'un qui nous attend à la maison si jamais nous décidons de rentrer mais ni toi ni moi ne sommes honnêtes envers nous-mêmes..."

    -"Mais je t'aime Sam !" Je décidais de lui mentir sur mes sentiments, alors je répondis : "Moi aussi, mais ça ne suffit pas ! Cette situation te convient à toi ? Notre manière de vivre te suffit vraiment ?"

    Il baissa la tête et ne me répondit pas. Il quitta notre chambre pour que je termine. J'avais déposé mon alliance sur la commode.

    Je rassemblais mes affaires dans le couloir de notre maison et lui annonçais mon départ.

    -"C'est maintenant que nous nous disons au revoir ? Comme ça, entre deux portes ?" me demanda-t-il.

    -"Pete, j'ai du travail qui m'attend. Je vais traverser la galaxie pour diriger une base. Figure-toi que j'ai des dossiers à lire et toutes mes recherches ici à finir. Si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle cet homme, le major Davis au Pentagone." Je lui donnais la carte du major et l'embrassais une dernière fois. J'étais écœurée mais c'était probablement la dernière fois que ça arrivait.

    Ce soir-là, je suis rentrée au SGC avec un fin sourire sur les lèvres, soulagée d'un poids.

    J'étais partie en mission sur des planètes hostiles, expérimenté des choses inimaginables et je m'en étais toujours sortie. Cependant, ce soulagement-là m'apportait plus de bien-être que quand je rentrais d'une mission particulièrement dangereuse.

    J'ai fais tout ce que j'avais à faire avant de quitter la Terre et je suis partie, sans regarder derrière moi.

    Arrivée sur Atlantis, j'ai eu beaucoup de choses à gérer et peu de temps pour m'ennuyer. Pendant mes rares temps libres, je pensais à lui, il me manquait en fin de compte.

    J'avais fui la Terre pour échapper à mon mariage mais je m'étais éloignée de la seule personne qui comptait vraiment à mes yeux. Malgré le temps et la distance, je mesurais mieux la force de mon amour lui.

    Jack O'Neill me manquait et parfois, j'aurais tout plaqué pour le rejoindre. Cela m'était impossible, vu les responsabilités que j'avais accepté. Je trouvais que je m'en sortais assez bien, si on omettait que j'avais souvent envie de tuer le Dr Rodney McKay.

    Un jour, notre porte s'activa de l'extérieur alors que je me trouvais en salle de contrôle. Nous recevions un signal radio.

    -"Atlantis, ici SGC Terre, vous nous recevez ?" demanda la voix bien connue de Walter.

    -"SGC, ici le colonel Samantha Carter, je vous reçois et je vous salue !" dis-je, contente d'entendre la Terre. Nous n'avions que peu de contacts avec elle.

    -"Colonel, quelqu'un souhaite vous parler" annonça Walter. Aux bruits que je percevais, la personne en question mettait un casque pour nous parler.

    -"Carter ! Cette chère Carter !" dit la voix familière. Je n'en revenais pas de l'entendre.

    -"Mon général !" saluais-je. J'avais presque porté ma main à mon front pour le saluer mais il ne pouvait pas me voir.

    -"Repos colonel et ne me saluez pas à travers la porte, je ne vous vois pas !" dit-il sur un ton facétieux.

    -"Quel bon vent nous apporte votre signal radio ?"

    -"Oh rien, j'étais de passage au SGC et j'ai voulu vous faire un coucou !"

    Je le connaissais trop bien pour ne pas reconnaitre ce ton. Il plaisantait pour cacher son malaise.

    -"J'aurais préféré une visite, monsieur, mais je suis contente de vous entendre !" plaisantais-je, pour le forcer à abattre ses cartes.

    Il ne répondit pas et j'avais eu peur d'avoir perdu la communication.

    -"SGC, me recevez-vous ?"

    -"Oui Carter, je vous reçois cinq sur cinq" dit le général. "J'envisage de vous rendre visite sous peu mais je ne sais pas encore quand. Je pense que nous devrions nous recontacter pour fixer une date."

    -"Avec plaisir mon général" lui répondis-je avec mon plus beau sourire.

    Après quelques minutes d'échanges de banalités, nous avons coupé la communication.

    Je me sentais bien et à la fois triste.

    Deux jours plus tard, la porte s'activa et on m'appela en salle de commandes.

    -"C'est le SGC pour vous, madame" me dit l'officier des communications.

    -"Très bien, merci" répondis-je.

    -"Atlantis, ici SGC Terre, je vous passe le général O'Neill."

    Sheppard, mon bras droit se présenta en salle de contrôle au même moment.

    -"Les rumeurs se confirment" me dit-il, avec un sourire énigmatique sur les lèvres.

    Je n'ai pas pu lui demander ce qu'il sous-entendait car déjà le général me saluait.

    -"Carter ? Je ne peux pas venir avant une bonne dizaine de jours. Si ça vous convient, je... vous passe un coup de fil avant d'arriver, pour être sûr que votre position est stable."

    -"Avec plaisir mon général" lui dis-je, avec un sourire. J'avais hâte de le revoir.

    La communication fut coupée et je demandais à Sheppard de s'expliquer sur sa remarque.

    -"Oh c'était pas grand-chose mais tout le monde avait parié que nos communications avec la Terre seraient plus fréquentes, grâce à vous" me dit-il.

    Face à ma mine perplexe, il ajouta : "Le général O'Neill garde toujours un œil sur vous, où que vous soyez..."

    -"Sheppard !" m'indignais-je. "Le général ne s'occupe pas plus de moi que des autres. Le projet Atlantis lui tient beaucoup à cœur."

    -"Mais on n'a pas eu de nouvelles aussi souvent depuis qu'on a trouvé un moyen d'entrer en contact avec le SGC."

    -"Il est en poste à Washington, il ne peut nous parler que lorsqu'il est de passage au SGC. Il doit être en réunion avec le général Landry. C'est aussi simple que cela à mon avis !" Je refusais de croire que Jack pouvait vraiment s'intéresser à moi. Si je me laissais aller à en rêver, je tomberais sûrement de haut.

    Tout le monde s'était arrêté en entendant les paroles de mon second. Je les renvoyais tous au travail et je repris le cours du mien. Faire tourner une base s'avérait moins facile qu'il n'y paraissait mais j'avais déjà eu un aperçu lorsque Jack dirigeait le SGC.

    Le lendemain, le général O'Neill demandait un nouvel entretien avec moi.

    -"Mon général" saluais-je.

    -"Carter, pouvons-nous discuter en privé ? Affaires d'État dont je dois m'entretenir avec vous seule."

    Je transférais la communication sur mon oreillette et m'enfermais dans mon bureau.

    -"Mon général, nous sommes seuls."

    -"En êtes-vous bien sûre Carter ? Personne ne peut pirater cette conversation ?"

    -"Mon général, j'ai moi-même configuré les paramètres de mes communications. Si quelqu'un essayait de se brancher dessus, il aurait une grosse surprise !" dis-je en souriant.

    En effet, la personne entendrait le générique des Simpson en boucle et à un volume très élevé au lieu de ma conversation.

    -"De quoi vouliez-vous me parler mon général ?"

    -"De rien... en fait, je voulais entendre votre voix et m'assurer que vous alliez bien" dit Jack, sa voix devenue suave d'un coup. Il ne pouvait pas me voir mais je rougis et il dut le deviner.

    -"J'adore quand je vous mets mal à l'aise... Et sinon, le moral est bon ?"

    -"Oui, très bon, merci. Et le vôtre ?"

    -"Bah, on fait aller. Je me réjouis de venir sur Atlantis, voir comment vous avez fait la déco, tout ça..." Il me faisait tellement rire qu'il me manquait encore plus ! Je devais me retenir car mon bureau était entièrement vitré et tout le monde m'observait en ayant l'air occupé.

    -"Mon général... nous nous réjouissons aussi de votre visite, croyez-le."

    -"Je ne veux croire qu'une chose : que VOUS serez heureuse de me voir..."

    Il avait dû sentir mon trouble car il me demanda si j'étais toujours là. Je répondis que oui.

    -"Carter, en attendant que je vienne, je voudrais vous parler... tous les jours si possible..."

    -"Me parler de quoi ?"

    -"De tout, de rien, de toi, de moi, de la vie..." Il m'avait tutoyée, une première !

    Ça n'allait pas être facile mais nous avons mis en place un plan, pour se parler, tous les soirs en cachette. Je lui avais donné la marche à suivre pour son côté de la porte et je m'occuperai d'activer notre porte en toute discrétion.

    J'étais nerveuse le premier soir, je sursautais au moindre bruit. J'étais restée toute la soirée à mon bureau, pour terminer des dossiers. Sheppard m'invita à les rejoindre, lui et son équipe pour le dîner mais j'avais refusé. Il me rapporta un plateau et me dit : "Sam, vous devriez faire des pauses, je sais que c'est un poste compliqué mais si vous ne vous reposez pas, vous n'irez pas loin."

    -"Merci c'est gentil mais je voudrais terminer tout ça avant l'arrivée du général. Vu la politique ces derniers temps, je doute qu'il s'agisse d'une simple visite de courtoisie..."

    Il quitta mon bureau peu après. Je dinais rapidement et continuais mon travail, en attendant l'heure de mon rendez-vous.

    Tous les soirs pendant près de dix jours, notre rituel a été le même. J'activais aussi discrètement que possible notre porte des étoiles et j'entrais en communication avec Jack. J'avais pu paramétrer un signal vidéo, nous pouvions donc nous voir et nous parler. Le premier soir, il remarque immédiatement les cadres photos sur l'étagère derrière moi. J'en avais de tous les êtres chers que j'avais laissés sur Terre mais le plus grand était un portrait de lui. Il avait sourit et avoué qu'il avait aussi une photo de moi sur son bureau.

    Nous passions de merveilleux moments ensemble, comme à la bonne époque de SG1.

    J'avais hâte de le retrouver pour un vrai face à face. Nous ne discutions jamais plus d'une demi-heure, car passé le délai fatidique des trente-huit minutes, notre porte émettait un signal sonore puissant que je n'avais pas voulu désactiver.

    La veille de son arrivée, nous n'avons pas discuté. Je voulais tout mettre en ordre pour sa visite et j'étais épuisée.

    J'étais plus que nerveuse quand la porte s'activa de l'extérieur et que le SGC nous annonça l'arrivée de voyageurs.

    Le général O'Neill se présenta, accompagné de Richard Woolsey, du CIS. Tous les militaires présents, moi y compris, saluèrent le général.

    Jack se débarrassa vite de Woolsey, pour rester seul avec moi, dans mon bureau.

    -"J'ai un cadeau pour toi..." dit-il avec un sourire. Il ouvrit son attaché-case et sortit une grande enveloppe, qu'il me tendit.

    -"Wahou, des papiers... Tu sais comment faire plaisir à une femme !" dis-je en riant.

    -"Non, je suis expert dans le plaisir féminin, mais uniquement dans des pièces qui ne sont pas vitrées..." Je restais bouche bée face à sa répartie et au coup d'œil qu'il me lançait. Oui, j'avais bien compris où il voulait en venir !

    J'entrepris d'ouvrir l'enveloppe et je ne réalisais pas immédiatement.

    -"C'est Davis qui m'a donné ça pour toi, de la part de ton mari... ou plutôt Monsieur futur ex-mari !"

    Je lus attentivement les papiers de mon divorces, pour m'assurer que tout était en ordre.

    -"J'ai pris la liberté de le faire vérifier par un de nos meilleurs juristes, il dit que tout est en règle."

    -"Merci Jack." Je signais les documents sans perdre un instant et soupirais de bonheur en lui rendant l'enveloppe.

    -"Tu pourrais donner ça à qui de droit ?"

    -"Rien ne me ferait plus plaisir !" Puis il se leva et m'embrassa.

    Mon séjour sur Atlantis dura environ un an. Richard Woolsey me releva de mes fonctions et me demanda de quitter la base. Même si je devais retrouver l'homme de ma vie, j'étais triste de laisser de nouveaux amis derrière moi.

    J'étais rentrée sur Terre mais surtout à Washington. J'avais été recommandée pour prendre le commandement du vaisseau terrien "le Hammond" baptisé ainsi en hommage à mon ancien général décédé. Ce vaisseau n'étant pas toujours en activité, j'avais du temps pour diriger des recherches au Pentagone.

    Comme Jack et moi n'étions plus dans la même chaine de commandement, plus rien ne s'opposait à notre union. Nous nous sommes mariés peu de temps après mon retour d'Atlantis et nous vivons très heureux, dans une magnifique maison, proche du Pentagone, là où se trouvent nos bureaux.

    Je suis aujourd'hui le colonel Samantha O'Neill, la plus heureuse des femmes de deux galaxies !

    FIN


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  • Les black ops

    Genre/Pairing : léger ship / Humour

    Saisons : 9 Jack est général à Washington, Sam est colonel.

    Disclaimer : Les personnages de la série appartiennent à la franchise Stargate et à la MGM. Certains personnages sont de ma propre invention.

    Résumé : Après son départ, Jack essaye de remonter le moral de Sam.

    NB : Je n'ai absolument aucune connaissance précise des entraînements des opérations spéciales, je me suis juste inspirée d'un documentaire. Merci de ne pas m'en tenir rigueur. Bonne lecture :)

    ***

    Le général jack O'Neill avait pris ses fonctions à Washington depuis quelques semaines maintenant. Le lieutenant-colonel Samantha Carter était partie pendant un moment pour effectuer des recherches dans la zone 51 mais avait repris son poste au sein de SG1, aux côtés du lieutenant-colonel Cameron Mitchell, Teal'c et le docteur Daniel Jackson.

    Depuis le départ de Jack de Cheyenne Mountain, la relation enfin autorisée entre les deux officiers n'avait pas avancé. Puisque Carter n'était plus sous les ordres directs de Jack, ils auraient pu vivre leur histoire mais la jeune femme n'avait pas supporté l'idée qu'il les quitte... qu'il LA quitte pour aller au Pentagone. De là, il veillait sur eux et rentrait tous les week-ends ou presque. Depuis son propre retour dans le Colorado, elle l'évitait. Daniel essayait de recoller les morceaux sans en avoir l'air mais Sam flairait toujours le piège et se faufilait. Jack et Sam souffraient tous les deux de cette situation mais ils étaient tous deux trop fiers pour faire le premier pas. Sauf que Jack dû prendre sur lui : Sam avait beaucoup de travail et était rentrée de sa dernière mission épuisée et démoralisée. Le général Landry avait prévenu Jack, car lui-même se faisait du souci pour son équipe. Jack avait pris son vendredi et était rentré dans le Colorado le jeudi soir. Il avait prévu une visite surprise au SGC le lendemain et voulait forcer Sam à lui faire face. La rumeur de la visite du général O'Neill fit le tour de la base mais n'arriva pas avant lui au labo de Sam.

    -"Alors Carter ? Toujours en train de travailler sur vos... trucs ?" demanda-t-il du pas de la porte.

    Il l'avait observé quelques instants. Elle était toujours aussi belle, bien que ses traits ne trahissent sa fatigue. Elle était penchée au-dessus d'un microscope et portait une blouse blanche sur son treillis. Elle avait légèrement sursauté en entendant la voix masculine mais s'était reprise aussitôt. Jack avait pu voir les coins de sa bouche s'étirer doucement pour esquisser un sourire, qu'elle chassa aussitôt. Elle était secrètement contente de le savoir là, si proche d'elle. Mais elle ne voulait pas lui faire le plaisir de lui montrer.

    -"Bonjour, mon général. De passage pour le week-end ?"

    -"Comme toutes les semaines..."

    Elle quitta son poste de travail pour pianoter sur son ordinateur. Elle nota et enregistra ses observations et se tourna finalement vers Jack pour le regarder. Elle planta ses yeux dans ceux du général et ne dit rien pendant un instant. Elle se détourna et Jack comprit ses reproches silencieux. Elle respectait trop sa hiérarchie pour se montrer ouvertement en colère après lui.

    -"Je sais que vous avez besoin de vous défouler Carter, et je connais l'endroit parfait pour ça !"

    -"Pardon ? Mais non je n'ai pas besoin de me défouler comme vous dites !" s'écria Sam.

    -"Oh que si mais je comprends. Bref, j'ai vu avec Hank, je vous kidnappe !" dit Jack, avec ce sourire qu'il ne réservait qu'à elle.

    Il fit les quelques pas qui le séparait de Sam et lui fit poser ce qu'elle avait en main.

    -"Aller, en route ! On quitte cet endroit sinistre et on va prendre l'air !" ordonna-t-il.

    Sam ne savait pas quoi répondre et suivit Jack quand il la prit par la main pour la faire sortir de son antre. Elle voulait se débattre mais le contact de sa main chaude sur elle l'en dissuada.

    -"Déposez votre blouse dans votre casier mais gardez le treillis, ça peut servir" dit-il, en la jetant dans les vestiaires.

    Il se changea rapidement, prenant une de ses anciennes tenues du SGC et sortit rejoindre Carter, qui patientait dans le couloir. Il la guida vers la sortie, la fit monter en voiture et prit la direction de l'autoroute. Sam allait ouvrir la bouche pour parler mais Jack la coupa.

    -"Pas de question Carter, vous verrez quand on y sera !" dit-il, sur ton faussement sérieux.

    Sam fit par s'endormir, la tête contre la vitre passager. Jack la réveilla en douceur quand il stoppa la voiture.

    -"Aller Carter, on se réveille. C'est l'heure de la surprise !" dit le général, joyeusement.

    Sam ouvrit les yeux, bâilla et s'étira. Elle regarda ensuite le décor autour d'elle mais ne reconnut rien.

    -"Où sommes-nous ?"

    -"Dans un centre de formation top secret des Black Ops ! C'est une chance que vous ayez dormi, j'aurais été contraint de vous tuer après, pour que vous ne dévoiliez pas l'adresse !"

    -"Que fait-on ici, monsieur ?"

    -"Alors ça Carter, c'est une très bonne question" dit-il en sortant de la voiture.

    Elle l'imita et il verrouilla sa voiture à distance, avant de reprendre : "Tous les ans à cette époque, se passent les journées de qualification. Je viens quand je peux pour donner un coup de main aux instructeurs pour les tests sont éliminatoires. Vous allez voir, c'est marrant !"

    -"Marrant ?" dit Sam, ayant une conception différente de l'amusement.

    Ils se présentèrent au poste de garde, à l'entrée du camp et l'officier les laissa passer après avoir fait les vérifications nécessaires.

    -"Général, colonel, bienvenue !" dit-il, une fois sûr de leurs identités.

    Ils furent accueillis par un homme légèrement bedonnant d'une cinquantaine d'années, qui avançait vers eux.

    -"Jack O'Neill ! C'est une joie de te voir depuis le temps !" dit l'homme.

    -"Phil Gaunt ! Tu n'as pas changé !" dit Jack.

    -"Tu es général mon vieux ! Bravo, personne n'aurait parié là-dessus !"

    Jack rit en entendant ces paroles, c'est la réflexion qu'il se faisait tous les jours quand il revêtait son uniforme.

    -"Colonel Carter, c'est une joie de vous rencontrer ! Bienvenue !" dit enfin Gaunt à Sam.

    Celle-ci le salua et lui sourit. Gaunt avait été prévenu par l'officier à l'entrée que le général O'Neill arrivait avec le colonel Carter et c'est pour cela qu'il avait quitté ses hommes pour venir les accueillir en personne. Sauf qu'on ne l'avait pas prévenu que Carter était une femme superbe. Blonde, les yeux bleus, une grâce quasi féline dans les mouvements, une posture tonique mais féminine.

    -"Jack, tu viens punir ton colonel pour la journée ? Qu'a-t-elle fait de mal pour mériter ça ?" demanda Gaunt en riant.

    -"Chut... Je lui fais croire que c'est une sortie ludique !"

    -"Hum..." fit Sam, mal à l'aise.

    -"Colonel, je pense que mon vieil ami a oublié de vos dire que son passe-temps préféré est de venir ici, le jour des sélections et de martyriser les stagiaires. Il se venge de ce qu'on lui a fait subir il y a longtemps !"

    -"Vieux ? Mais je ne suis pas si vieux !" s'écria Jack.

    Sam pouffa de rire et cela lui valut un regard en biais de la part de Jack. Elle reprit contenance aussi sec. Gaunt les invita à le suivre et les guida vers un champ de tir.

    -"Aujourd'hui, ce sont les épreuves de tir, la préférée de Jack car elle dure jusqu'à tard dans la nuit !"

    Sam voulut demander le programme mais Jack la prit de court en lui expliquant que les stagiaires ne connaissaient pas d'avance ce qui les attendait et qu'il lui réservait également cette surprise.

    Un murmure parcourut les rangs quand le trio arriva face aux stagiaires. Gaunt leur expliqua la première épreuve. Les stagiaires devaient tirer sur des cibles fixes. Elles étaient plus ou moins éloignées et le temps était couvert, ce qui ne rendait pas la tâche aisée. L'échec entrainait l'élimination. Sam se posta aux côtés de Gaunt pour regarder.

    -"Seule la moitié des stagiaires va rester à l'issue de la journée" dit Jack à Sam.

    -"C'est vrai ?" demanda Sam, surprise par le faible taux de réussite.

    -"On forme les meilleurs ici, madame. Sur le terrain, on n'a pas le droit à l'erreur !" dit un homme, qui semblait être le bras droit de Gaunt.

    -"Je le sais, major !" répliqua Sam, piquée au vif.

    Jack sourit en attendant la suite de l'échange mais le coup d'œil que Gaunt donna à son major le dissuada d'ajouter quelque chose. Sam porta son attention sur le champ de tir.

    A la fin de cette épreuve, deux stagiaires durent partir. Jack demanda à Sam si elle avait déjà tiré avec un fusil de sniper.

    -"Non, mon général" dit-elle.

    Gaunt l'invita donc à s'installer. Un navy seal lui céda sa place avec plaisir et la regarda se coucher par terre, ventre au sol, avec délectation. Mais il tourna la tête et rencontra le regard noir de Jack. Il se mit au garde-à-vous et attendit. Jack le mit au repos et s'accroupit à côté de Sam pour l'aider avec les réglages délicats de l'arme. Elle tira et toucha la cible, en pleine tête. Elle avait visé la cible la plus proche. Jack la félicita et l'aida à se relever. Elle arborait un grand sourire.

    -"Joli coup, colonel !" dit Gaunt.

    Le petit groupe de stagiaires restants et leurs formateurs se dirigèrent vers le mess pour le déjeuner, avant de se rendre sur un nouveau champ de tir pour la nouvelle épreuve. Jack et Sam suivaient le mouvement. Le déjeuner s'était bien passé. Les instructeurs et les stagiaires étaient à des tables séparées et Gaunt expliqua le déroulement de la formation de plusieurs semaines. Sam était fascinée par son récit mais le repas touchait à sa fin.

    -"Ils passent sur des cibles mouvantes, mon général ?" demanda Sam, en marchant aux côtés de Jack.

    -"Tout à fait, Carter" confirma Jack.

    La seconde épreuve laissa encore partir deux stagiaires. Sam n'osait pas demander à essayer aussi.

    -"Carter, cessez de vous dandiner de gauche à droite. Quelle est votre question ?" la gronda gentiment Jack.

    -"Je peux essayer ?"

    -"Attention, c'est très lourd. Plus que le P90 auquel vous êtes habituée" prévint Jack alors que Gaunt déposait une arme pesant 12 kg dans les mains de Sam. Elle prit position et tira sur une cible en mouvement. Elle fit mouche et fut applaudie par tout le monde. Elle rendit l'arme à Gaunt en le remerciant d'un de ses sourires éclatants, prouvant qu'elle appréciait cette journée. Le cœur de Jack se gonfla de joie, en voyant qu'elle se détendait un peu.

    L'heure du dîner avait sonné et tout le monde retourna au mess.

    -"Alors, colonel, vous nous aviez caché vos talents de tireur..." dit Gaunt.

    -"Carter est un soldat émérite !" dit fièrement Jack.

    -"Le général n'est pas objectif, nous avons travaillé bien trop longtemps ensemble !" dit Sam, confuse et troublée par les éloges.

    -"Je connais Jack depuis très longtemps et s'il fait des compliments à votre égard, c'est que vous les méritez !" dit Gaunt.

    Sam tenta de changer de sujet, en demandant : "La journée est finie ?"

    -"Oh non, colonel, ne croyez que les stagiaires vont s'en sortir à si bon compte !" dit Gaunt.

    -"Pourquoi ? Vous êtes déjà fatiguée madame ? Vous voulez que je vous fasse préparer une chambre ?" demanda le major Nichols.

    -"Major !" s'écria Jack, qui n'aimait pas le ton employé.

    -"Le fait que je m'intéresse à l'emploi du temps ne signifie en rien que je puisse être fatiguée, major ! D'ailleurs, la nuit est plutôt en rapport avec mon domaine de prédilection ! De plus, je suis assez habituée aux missions sur le terrain pour supporter facilement de nombreuses nuits blanches d'affilée !"

    -"Le terrain, mais lequel ? Cheyenne Mountain et les radars ?"

    -"La Guerre du Golfe, major et maintenant, si vous ne changez pas de ton quand vous vous adressez à mon colonel, je serais obligé de vous sanctionner !" dit froidement Jack.

    Il avait parlé tellement fort que tout le mess s'était tu et observait la scène.

    -"Nichols, retirez-vous dans vos quartiers, on réglera ça demain !" dit Gaunt.

    -"Excusez-moi monsieur, le ton est monté plus vite que prévu" dit Sam à Gaunt.

    -"Ne soyez pas désolée colonel, il commençait à me fatiguer depuis un moment et ça ne lui fait pas de mal de se faire remettre à sa place !"

    A l'issue du repas, les instructeurs appelèrent les stagiaires et leur donnèrent exactement trois minutes pour aller chercher leurs tenues ghillies de camouflage, les enfiler et se présenter à la sortie des dortoirs. Tout le monde courut et Sam les observa en souriant.

    -"Vous commencez à comprendre, Carter ?" demanda Jack.

    Il s'était rapproché d'elle, par-derrière et la frôlait presque. Elle hocha la tête pour lui répondre, incapable de laisser sortir un son de sa gorge. Elle frémissait presque à son contact. Cependant, en quittant le mess, la nuit était tombée, tout comme l'humidité. Sam se frotta les bras pour se réchauffer. Jack fit signe à Gaunt et celui-ci envoya chercher une veste polaire pour les deux officiers en visite.

    Les stagiaires se présentèrent et Jack dit à Sam, tout bas : "C'est ma partie préférée Carter, là on va rire ! Allez, venez !"

    Sam le suivit et se plaça à quelques mètres de lui, à côté d'un autre instructeur, le long d'un cours d'eau.

    -"Colonel Carter, vous allez devoir leur crier dessus pour les motiver !" dit l'instructeur en souriant.

    -"Vous plaisantez ? Je ne vais pas hurler sur ces hommes, ils ne m'ont rien fait !"

    -"Vous ne voulez pas qu'ils meurent congelés ? On doit leur faire faire ce parcours dans l'eau glacée le plus vite possible. Une fois au bout, on leur fait faire des exercices et ils recommencent !"

    -"Quoi ?" s'écria Sam.

    -"Vos classes remontent, madame on dirait ! Vous ne vous souvenez pas ?"

    -"Oh si mais j'ai toujours trouvé ça dur comme méthode de motivation..."

    -"Bon aller, voilà le premier Carter !" dit Jack, content comme un gosse.

    Il trépignait d'impatience de motiver les troupes à aller plus vite. Ça rappela à Sam combien Jack O'Neill avait pu être dur en mission avec SG1 quand leurs vies avaient été en danger.

    Cet homme lui manquait, mais il était bel et bien là devant elle, à engueuler un militaire couvert de boue, dans une eau à 6°C.

    -"Carter ! Faites-moi le plaisir de chercher au fond de vous votre rage et votre colère ! Leurs vies sur le terrain dépendent de cet entrainement !" dit Jack.

    Et c'est un peu intimidée que Samantha Carter se prit au jeu. Après un ou deux hommes passés dans la boue, juste sous ses pieds, elle se sentit plus à l'aise. Elle prenait exemple sur Jack et l'homme à ses côtés et s'amusait finalement assez bien. Elle comprenait la raison pour laquelle tout le monde était là. Les entrainements des Black Ops étaient parmi les plus durs au monde et elle savait pourquoi. Jack était un ancien de ce corps d'élite et elle le cernait mieux à présent.

    Une fois que les stagiaires avaient fait trois plongeons dans le cours d'eau, Gaunt proposa à Sam de prendre un tuyau et de les arroser pour les doucher. Jack en prit un second et Sam aspergea les hommes, en rang devant eux.

    -"Bon aller, ça va, c'est tout pour ce soir !"

    La sélection continuait le samedi mais Jack avait d'autres projets. Au moment de partir, Gaunt offrit à Sam la veste polaire ainsi qu'un badge honorifique de sniper. Jack invita Sam à monter en voiture. Sam se perdit dans ses pensées. Elle comprenait mieux certaines des réactions de Jack, en ayant goûté à son univers, sa formation d'élite. Une fois sur l'autoroute, il engagea la conversation.

    -"Alors cette journée, Carter ?"

    -"Je reconnais que c'était passionnant" répondit Sam, les yeux brillants.

    -"Si vous avez passé une bonne journée, alors je suis ravi."

    -"Je.. hum, merci mon général" dit doucement la jeune femme.

    -"Maintenant que tu es détendue, pourrais-tu reconsidérer mon offre de venir vivre avec moi à Colorado Springs ?"

    -"Oui" souffla Sam.

    -"Oui tu vas y penser ou oui..."

    -"Oui j'accepte !"

    C'est ainsi que Sam emménagea avec Jack et ils passèrent ensuite tous les week-ends ensemble.

    FIN


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  • L'opéra

    Genre/Pairing/rating : ship J/S

    Saison : 8 Jack est général, Sam est colonel, Jacob n'est pas mort, Pete n'existe pas.

    Résumé : Jack veut aller à l'opéra mais n'a pas de billets.

    Disclaimer : Les personnages de la série appartiennent à la franchise Stargate et à la MGM. Certains personnages sont de ma propre invention.

    ***

    -"Daniel ! Ne dis pas de bêtise !" gronda le général O'Neill.

    -"Mais Jack, je disais ça pour toi ! Il va falloir que tu lui avoues !"

    -"O'Neill" dit Teal'c.

    Lorsque Jack regarda dans la même direction que son ami, il vit le colonel Carter Carter entrer au mess. Elle prit un plateau et s'installa à table avec les trois hommes.

    -"Mon général, Daniel, Teal'c" dit-elle en leur souriant tour à tour.

    -"Carter" dit Jack, en levant sa tasse devant lui.

    Elle lui sourit et la discussion dévia sur les avancées de Sam sur son réacteur à Naquadah.

    -"Génial Carter, ça vous laissera plus de temps pour... faire autre chose ou vous détendre un peu !"

    -"Je vais avoir du temps le week-end prochain pour sortir un peu..." dit-elle, un sourire en coin.

    -"Des projets ?" demanda Jack, innocemment.

    -"Peut-être, monsieur. Et vous ?"

    -"Oui, enfin si tout va bien."

    Les deux officiers se regardaient dans les yeux, approfondissant leur conversation, pleine de sous-entendus. Daniel soupira bruyamment et Teal'c le regarda, un sourcil levé. Siler entra au mess et se dirigea vers la table du général.

    -"Mon colonel, on a besoin de vous en salle de contrôle, les ordinateurs ont planté !"

    Sam s'excusa et suivit le sergent. Jack termina son café en silence avant de rejoindre son second.

    Sam travailla une bonne partie de la journée avec Siler et Harriman, à restaurer le système informatique du SGC. Jack lui avait apporté un café dans la matinée et lui avait demandé de passer le voir à son bureau quand elle aurait fini. Elle n'avait pas pris le temps de déjeuner et c'est épuisée qu'elle monta voir le général.

    -"Carter ? Vous vous en êtes sortie ?" demanda-t-il, en l'invitant à s'asseoir.

    -"Oui mais j'ai dû reconfigurer..." commença-t-elle, en se laissant tomber dans un fauteuil.

    Jack lui coupa la parole en levant une main.

    -"Passez-moi les détails Carter."

    -"Tout va bien, monsieur" synthétisa le colonel.

    Jack hocha la tête. Sam l'observa, il semblait nerveux et avait l'air de vouloir lui annoncer quelque chose de difficile.

    -"Très bien. Bon travail, Carter. Euh... vous savez... je dois sortir avec quelqu'un la semaine prochaine."

    -"Oui, monsieur. Un problème à ce sujet ?" demanda Sam, baissant la tête.

    -"Oui j'avais prévu une sortie à l'opéra mais je n'ai pas réussi à avoir des places..."

    -"Elle comprendra, j'en suis sûre" dit Sam, en se levant de son fauteuil, visiblement contrariée. "Puis-je disposer ?"

    -"Faites Carter."

    Jack la regarda partir, le cœur lourd. Il se sentait mal de s'être ouvert à elle, mais Daniel avait raison, il lui devait la vérité. Il savait qu'il ne verrait pas son merveilleux sourire avant un moment, c'était son moyen à elle de lui faire payer ça. Il se passa une main sur le visage avant de la faire glisser sur sa nuque, tendue.

    Le cerveau de Sam fonctionnait à cent à l'heure pour trouver une solution pour son supérieur. Elle s'enferma dans son labo et passa quelques coups de fil. Elle passa le reste de la journée enfermée. Jack était passé à plusieurs reprises, mais trouvant la porte systématiquement fermée, il n'avait pas dérangé son amie. Il la savait contrariée et préféra la laisser se calmer seule. Il avait cependant demandé à Daniel de veiller sur elle.

    -"Sam, tout va bien ? Jack m'a dit que tu étais contrariée" déclara Daniel, pendant un dîner en ville, le lendemain.

    Sam avait évité Jack du mieux qu'elle avait pu.

    -"Il croit ça ?" demanda Sam.

    Ni Teal'c ni Daniel ne reconnurent le ton employé par la jeune femme.

    -"Oui, il n'est pas entré dans les détails mais..."

    -"Qu'il continue à croire que je suis fâchée, ça m'arrange" dit Sam, leur souriant.

    -"Sam, je suis perdu là" avoua Daniel.

    -"S'il te demande, n'en fait pas trop mais s'il croit que je ne veux pas lui parler, tant mieux. J'organise quelque chose pour lui et il sait quand je lui mens..."

    -"D'a...ccord" dit lentement Daniel.
    Teal'c se contenta de hocher la tête, doucement. Décidément, il ne comprenait rien aux Tauris.

    Jack avait été très occupé pendant le reste de la semaine, entre les briefings de mission, les réunions du personnel pour les évaluations annuelles et tous les rapports à lire et à signer. Il avait à peine vu ses amis et encore moins Carter. Il était désespéré et essayait de ne pas y penser mais son esprit revenait vers elle chaque nuit. Le vendredi matin, il croisa Sam dans l'ascenseur, descendant vers les vestiaires. Elle chantonnait et Jack détesta d'avance cette journée.

    -"La Traviata, Carter ?"

    -"Oui, vous avez reconnu ?"

    -"C'est mon opéra préféré !" répondit Jack, sombre.

    -"Je sais" répondit Sam, avec un sourire en coin, comme elle quittait la cabine.

    Jack resta abasourdi, quittant l'ascenseur doucement, les mains dans les poches. Il n'en revenait pas, elle l'avait évité toute la semaine et le jour où son opéra préféré se jouait à Denver, elle en rajoutait une couche en chantonnant du Verdi... alors qu'elle savait qu'il ne pouvait pas y aller.

    Il fut d'humeur massacrante toute la journée et tous les militaires évitèrent le général du mieux qu'ils purent. Même Daniel s'était fait rabrouer encore plus rapidement qu'à l'accoutumée quand il avait parlé de traductions.

    -"Sam ! Fais quelque chose, toi seule peut calmer Jack ! Tu le mènes par le bout du nez depuis le début de la semaine, c'est bon, achève-le avant que ça ne soit lui qui nous achève tous !" dit Daniel, d'aussi mauvaise humeur que le général.

    Sam soupira en levant les yeux au ciel. Puis, elle se leva et se rendit au bureau de Jack. Quand elle arriva à la porte, elle l'entendit hurler sur Harriman. Celui-ci sorti, se retenant de pleurer. Sam frappa à la porte et Jack cria : "Quoi ?"

    -"Mon général ?"

    -"Colonel, que puis-je pour vous ?"

    Sam entra et ferma la porte derrière elle. Elle s'approcha du général, de son côté du bureau et non, face à lui de l'autre côté. Elle lui jeta un regard malicieux et passa sa langue sur ses lèvres.

    -"Soyez chez vous, dans une tenue élégante à 19h" dit-elle, alors qu'elle s'était rapprochée de son oreille.

    Jack frissonna quand le souffle le chatouilla. Il sentait la chaleur du corps de Carter, à quelques centimètres du sien. Un certain érotisme émanait d'elle, entre ses gestes sensuels, son corps parfait, son parfum enivrant et ses cheveux soyeux. Ca rappela à Jack certains rêves inavouables qu'il avait fait la semaine précédente. Il réussit à avaler sa salive, avec peine et la regarda s'éloigner, ses hanches se balançant au rythme lent de son pas maitrisé. Cette femme faisait de lui ce qu'elle voulait et même lui devait reconnaitre que ça aurait pu être dangereux mais Carter n'abusait jamais de ses privilèges. Elle croisa Reynolds qui lui demanda si Jack était calmé.

    -"On a un briefing ennuyeux en perspective. On a trouvé des ruines et je sens que le docteur Jackson et lui vont en venir aux mains s'il est toujours aussi tendu."

    Daniel était arrivé à ce moment précis, visiblement nerveux.

    -"Oh ça devait aller, je doute même qu'il remarque votre présence" dit Sam, en souriant.

    Elle passa une main dans ses cheveux. Les deux hommes remarquèrent, comme Jack, qu'à ce moment même, elle était débordante de sensualité. Ils comprenaient que Jack ne lui refuse jamais rien. Elle s'éloigna en sifflant un air d'opéra.

    A l'heure convenue, Jack était dans son entrée, guettant la voiture de Carter. Il était nerveux et se demandait ce qu'elle avait comploté dans son dos. Il entendit un moteur ralentir devant chez lui. Il ouvrit la porte et ouvrit de grands yeux quand il trouva une limousine, garée le long du trottoir. Jack verrouilla sa porte et le chauffeur quitta le poste de conduite pour lui ouvrir la porte. Jack le salua et grimpa à l'arrière du véhicule. Il trouva Sam, dans une robe du soir noire, près du corps. Elle était délicieuse.

    -"Bonsoir Carter" dit Jack, lui déposant un baiser sur la tempe.

    -"Salut !" dit-elle.

    -"Tu es superbe !"

    -"Merci, tu es élégant aussi, merci d'avoir fait un effort."

    -"Tout ce que tu veux ma belle."

    -"Tu as passé une bonne journée ?"

    -"Mieux depuis le passage de mon second à mon bureau. J'ai cru qu'elle boudait... mais j'ai dû me tromper."

    -"Ou c'est ce qu'elle a voulu te faire croire !"

    -"Que prépares-tu ma belle ?"

    -"C'est une surprise..." répondit Sam, malicieusement. "Embrasse-moi en attendant !"

    Jack ne se fit pas prier et serra Sam dans ses bras en l'embrassant avec fougue. Ils discutèrent le temps du trajet jusqu'à Denver.

    La limousine se gara devant l'opéra de Denver. Sam descendit, aidée par le chauffeur. Ils se donnèrent rendez-vous pour le retour. Jack écarquilla les yeux.

    -"Mais Carter, que fait-on ici ? Tu as bien compris quand j'ai dit que je n'avais pas pu nous avoir des places, hein ?"

    -"Oui j'ai bien compris mais j'ai un ami qui est dans l'orchestre qui se produit ce soir. Je lui ai passé un coup de fil et j'ai obtenu de très bonnes places. Mais si tu préfères qu'on fasse autre chose, ça me va !"

    -"Certainement pas !" dit Jack, attrapant la main de Sam pour la faire entrer dans l'opéra.

    Sam récupéra ses invitations à l'accueil et Jack lui demanda de quoi jouait son ami.

    -"Il joue de la harpe, j'espère pouvoir te le présenter."

    -"Carter... Sam ! Merci, tu es un ange d'avoir trouvé ces places" dit Jack, déposant un nouveau baiser sur les lèvres de Sam.

    -"Je suis contente que ça te fasse plaisir, c'était le but !" répondit Sam, caressant son bras.

    -"C'est pour ça que tu as joué la comédie de la petite amie déçue. J'étais surpris, ça ne te ressemble pas."

    -"Tu as raison, je ne suis pas du genre à bouder parce que tu n'aurais pas pu avoir de places pour cette soirée."

    -"Je pense qu'on devrait finir par avouer Daniel qu'on sort ensemble."

    -"Il a vraiment gobé ton histoire ?"

    -"Oui, il est persuadé que je vois une autre femme et que c'est à cause de ça qu'on était fâché" avoua Jack.

    -"Tu as obtenu l'accord du président depuis des semaines, Daniel va finir par se vexer."

    -"D'accord, on lui dira lundi" dit Jack, déposant un baiser sur le dos de la main de sa compagne.

    Le couple s'installa sur les fauteuils réservés à leur intention et à l'entracte, Sam présenta Nigel Royce à Jack.

    -"Alors, Samantha m'a dit que vous étiez un amateur d'opéra ?" dit Nigel.

    -"Oui, depuis des années et je vous remercie d'avoir pu nous avoir des places, j'aurais été déçu de rater ça. Vous êtes très doué !" dit Jack, impressionné par le musicien.

    Nigel balaya les remerciements de Jack.

    -"Ce n'est rien et je ferais n'importe quoi pour Samantha. Maintenant, excusez-moi, je dois vous abandonner."

    L'homme serra la main de Jack et déposa une bise sur la joue de Sam. Jack ne voulait pas être jaloux mais c'était plus fort que lui. Sam remarqua sa mine et sourit.

    -"J'ai connu Nigel pendant mes études. Il était au conservatoire de Washington. Nous avons sympathisé mais je te rassure, même si nous sortions beaucoup, il n'y a jamais rien eu entre nous."

    -"Je... ça ne me regarde pas, Sam" dit Jack, gêné d'avoir été percé à jour.

    -"Il est gay, Jack !"

    Jack serra Sam dans ses bras et lui proposa une coupe de champagne avant l'acte II. A la fin de l'acte III, le couple retrouva le chauffeur et la limousine. Jack invita Sam à passer leur première nuit ensemble, chez lui. Ils se voyaient hors de la base depuis l'accord du président mais avaient pris leur temps pour plus d'intimité. Jack remercia Sam pour son cadeau, à sa façon et de nombreuses fois pendant le week-end.

    Le lundi matin, ils avouèrent à Daniel qu'ils avaient une liaison mais il jura de rester discret. Daniel et Teal'c félicitèrent discrètement leurs amis. Tea'lc tendit la main vers l'archéologue. En y déposant cinquante dollars, Daniel avoua à Jack et Sam qu'ils savaient mais qu'ils avaient parié sur le temps qu'ils mettraient à se confier.

    Le groupe se mit à rire et l'entente entre eux fut rétablie aussitôt.

    FIN


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