• Les OS divers

  • Funny Bunny

     

    Disclaimer : rien ne m'appartient.

    Note : OS écrit pour Cissy, à l'occasion du "Secret Santa 2013" sur le forum frenchficsfanart

    Toute ressemblance avec des personnes existantes est blablabla... Bonne lecture ;)

    ***

    L'homme, allongé dans le lit, semblait toujours inconscient. Une jeune femme l'observait et surveillait sa respiration. Elle était régulière et plus forte depuis qu'elle avait amené là et soigné, quelques heures plus tôt. Elle avait eu beaucoup de mal à le porter jusqu'à cet entrepôt désaffecté mais elle avait réussi. Sa volonté de survivre avait probablement sauvé ces deux personnes.

    La jeune femme vivait là depuis plusieurs mois et avait appris à se débrouiller seule. Elle s'était retrouvée à la rue, sans emploi et sa famille lui avait tourné le dos quand elle avait pris un job de strip-teaseuse dans un bar. N'ayant pour but que de survivre, elle dévoilait ses charmes pour de l'argent. Elle avait trouvé ce vieil entrepôt et s'était aménagé une petite chambre à l'étage, dans la pièce la moins lugubre du bâtiment. Elle vivait donc à quelques blocs du "Funny Bunny". Son patron appréciait sa présence car c'était une belle femme, brune, les cheveux longs, aux formes généreuses. Elle était toujours partante pour des heures supplémentaires, acceptant toujours de remplacer au pied levé les absentes. De plus, elle avait parfois dit oui pour quelques extra, s'attirant les bonnes grâces de quelques bons et riches clients. Le chef de la police fermait les yeux, étant un habitué des lieux.

    Un soir, quelques semaines avant Noël, la jeune femme travaillait au bar et un homme d'une quarantaine d'années était entré. Il inspirait le respect et une aura puissante se dégageait de lui. Il était vêtu sobrement et la jeune femme, en train de parcourir les tables avec son plateau, le trouva déplacé dans le contexte, comme s'il n'appartenait pas à cet univers. Il semblait trop bien pour ce genre d'établissements, malgré sa volonté de faire croire le contraire. La jeune serveuse secoua la tête, se rappelant que ça n'était en rien ses affaires. Elle était là pour travailler et s'il lui laissait un bon pourboire, qui était-elle pour juger ?

    Il lui demanda de lui indiquer une table libre, dans un coin du bar. Où se croyait-il ? Au Ritz ? Elle le guida avec un sourire vers une table isolée, le laissant admirer ses hanches larges et ses fesses rebondies. Elle le surprit à la détailler et il sembla gêné de s'être fait surprendre. "Décidément" pensa-t-elle "ce mec est trop bien pour être vrai !"

    C'est avec un pincement au coeur qu'elle prit sa commande et s'éloigna de lui. Elle lui rapporta son gin-tonic après quelques minutes et il déposa l'argent sur le plateau, avec respect. Elle calcula qu'il y avait trop et lui signala.

    -"C'est pour le service" dit-il.

    -"Monsieur, ça fait bien trop, même avec les 15% pour le service" insista-t-elle.

    -"Gardez la monnaie, vous le méritez !"

    -"Je vous demande pardon ?"

    -"Vous devez passer toutes vos heures de services perchée sur des talons aiguilles, j'espère que ces quelques dollars allégeront votre peine, mademoiselle."

    "Mademoiselle ?" répéta-t-elle dans sa tête. Elle rit intérieurement, il y avait bien longtemps que la demoiselle qu'elle avait été avait disparu, si elle avait jamais existé. Elle avait été une enfant et un jour, elle était devenue une femme.

    Alors qu'elle s'apprêtait à tourner les talons, il attrapa doucement son poignet.

    -"J'ai besoin de compagnie mais... pas ce genre de compagnie..." commença-t-il.

    -"Je vois" dit la jeune femme avec un sourire. "Je veux bien vous rendre service mais mon patron ne me paie pas à rien faire..."

    -"Combien pour combien ?"

    -"C'est 200$ pour une danse privée mais là..."

    -"Non c'est bon, 200$ ça me va !" dit l'homme, sortant d'autres billets de la poche de son jean.

    La jeune femme s'installa face à ce drôle d'homme et il fut saisi par la couleur de ses yeux. Ils étaient verts, un vert brillant, absolument magnifique. Il lui sourit et elle réfléchissait à quoi dire.

    -"Vous aimez le sport ?" finit-elle par demander.

    -"Oui, le base-ball. J'étais en seconde ligue avant d'être blessé."

    -"Oh, c'est dommage ! Que faites-vous dans la vie maintenant ?"

    L'homme sembla hésiter avant de répondre : "J'entraine une petite équipe."

    Si la serveuse avait été moins attentive, elle aurait manqué le fait que son interlocuteur semblait enregistrer chaque détail du bar, les issues de secours, les clients, les employés, les danseuses, le videur, etc.

    Il quitta le bar après une demi-heure, ne manquant pas la remercier.

    Il vint presque tous les jours après cela, à des horaires variables, demandant toujours à être accompagné d'elle. Il était venu une fois quand elle était absente et son patron avait envoyé une autre fille, Cheryl, mais il l'avait gentiment congédiée.

    Puis, il était toujours revenu pendant son service, comme s'il la surveillait. Mais ça ne la dérangeait pas, elle aimait être avec lui. C'était la seule demi-heure vraiment plaisante dans sa journée de travail. Il était beau mec, généreux et la regardait comme un homme regarde une femme, pas comme un client une strip-teaseuse !

    Il était devenu un client régulier et le videur l'appelait même par son prénom, "Jack" ce qui la surprenait, parce que ce n'était pas un "Jack" selon elle.

    Et un jour, tout bascula sans qu'elle ne comprenne vraiment ni comment, ni pourquoi. Un groupe de russes était arrivé, des habitués des lieux. Jack demanda à s'entretenir avec James, le patron. Celui-ci le reçut, surpris par sa demande mais les russes débarquèrent dans le bureau. Tous les clients et les employés purent profiter du spectacle car la pièce était située à l'étage et une grande baie vitrée surplombait l'établissement. Des coups de feu furent tirés et Jack traversa la baie vitrée avec un des russes, celui que les filles soupçonnaient d'être le chef. Ils atterrirent sur une table, qui se brisa sous le coup.

    -"Jack !" hurla la jeune serveuse, horrifiée de le voir immobile.

    Il se releva doucement, ses membres engourdis par le choc. Il lui fit un signe de la main, pour qu'elle se s'approche pas. Le russe était inconscient et ses hommes de main furent au rez-de-chaussée en un rien de temps, armes au poing. Jack attrapa la serveuse par la main et la tira derrière lui, pour fuir. Ils quittèrent l'établissement par la porte de secours, courant à en perdre haleine. Ne sachant pas où se rendre, Jack sembla analyser la situation mais une détonation se fit entendre et l'homme s'effondra. La jeune femme tira le corps de son sauveur pour le mettre à l'abri. Elle se cacha, tenant l'homme contre son coeur. Le temps s'était rafraichi, même pour la Californie. Elle tremblait de froid et serrait les mâchoires pour empêcher ses dents de claquer, sûre que les russes l'entendraient auquel cas.

    Après ce qui lui sembla une éternité, les ruelles étaient calmes, plus rien ne bougeait et elle sursauta quand un chat errant passa près d'elle. Il s'arrêta, la fixa de ses grands yeux tristes et miaula.

    -"Chut !" fit-elle, posant un doigt sur sa bouche, comme si l'animal pouvait comprendre ce geste.

    Elle était complètement groggy et vérifia la température de l'homme dans ses bras, en posant la main sur sa nuque. Il était froid et elle réalisa qu'il allait sûrement mourir si elle ne le soignait pas. Elle se leva, le poids mort contre elle. Elle marcha doucement, vérifiant les alentours. Une fois sûre qu'ils ne risquaient plus rien, elle se dirigea vers son "appartement". Elle fit quand même quelques détours et vérifications, laissant Jack au sol. Ca lui prit une éternité mais elle finir par arriver chez elle. Elle installa l'homme sur son lit et se rendit compte que le chat les avait suivi. Elle n'eut pas le courage de le renvoyer. Elle trouva une petite boite de thon dans ses réserves et lui offrit. Le chat ronronna de plaisir, en dévorant ce qu'elle lui offrait. La jeune femme s'occupa de soulever le t-shirt de Jack pour regarder sa blessure. La balle semblait être ressortie de son épaule droite. Elle soupira de soulagement. Elle décida de changer de vêtement et de sortir faire quelques achats.

    Elle connaissait quelques dealers dans le coin, toujours prêts à lui rendre service. Elle les laissait tranquilles, ne se mêlant jamais de leurs petites affaires. En échange, elle bénéficiait de leur protection dans le quartier, bien que personne ne sache vraiment où elle vivait. Les dealers et autres hommes du coin avaient toujours de quoi soigner les plaies par balle et ne posaient jamais de questions.

    Elle n'avait pas eu le temps de donner l'argent de son service à son patron et comme elle ne pourrait plus jamais remettre les pieds au "Funny Bunny", elle doutait donc que ça soit très grave.

    Elle revint plus tard d'un petit supermarché avec des provisions pour quelques jours et de quoi soigner Jack. Il était toujours inconscient et c'était aussi bien pour lui. Chima, un afro-américain qui vivait à quelques blocs de là, lui avait expliqué les gestes pour nettoyer la plaie correctement et les soins à donner pour éviter les infections. Après cela, elle lui avait offert un de ses rares sourires sincères, l'homme sembla agréablement surpris et se dit prêt à l'aider en cas de besoin.

    Après avoir soigné la blessure et lavé, comme elle avait pu, le t-shirt de son sauveur, elle l'avait mis à sécher et avait couvert Jack. Après quelques heures, il ne sembla pas avoir développé de fièvre et sa respiration se faisait moins anarchique. Confortablement installée dans un fauteuil, la jeune femme buvait un thé, surveillant son protégé. Le chat avait élu domicile près de lui, comme veillant sur son sommeil. Il ronronnait quand elle s'approchait d'eux. Une fois de plus, elle se leva et posa sa main sur le front de l'homme. Elle poussa un petit cri quand il attrapa son poignet. Elle n'avait pas noté le changement de rythme dans sa respiration.

    -"Salut" dit-elle doucement.

    Il écarquilla les yeux.

    -"Salut" dit-il d'une voix rauque. "Où suis-je ?"

    La jeune femme jeta un regard circulaire à la pièce et répondit : "chez moi."

    -"Pourquoi ?"

    -"Pardon ?" demanda-t-elle, en fronçant les sourcils.

    -"Pourquoi suis-je chez vous ?"

    -"Vous avez été blessé dans la fusillade, je vous ai amené ici pour vous soigner."

    -"Une fusillade ?"

    L'homme essaya de s'asseoir dans le lit mais sa douleur à l'épaule l'en empêcha.

    -"Jack ?" demanda-t-elle.

    -"Jack ?" répéta-t-il, confus.

    -"C'est votre nom !"

    -"Non, je m'appelle... mon nom, c'est... Qui a dit que je m'appelais Jack ?"

    -"Vous, un jour au bar, vous avez fini par m'avouer votre prénom."

    -"Au bar ? Quel bar ?"

    Jack, ou peu importe son nom, leva les yeux vers la femme brune, debout face à lui. Il détailla ses vêtements : un sweat-shirt gris, bien trop grand pour elle et un pantacourt de sport en coton. Ses longs cheveux bruns étaient détachés, offrant un contraste avec ses yeux verts.

    -"C'est un peu cliché, non ? Je me réveille après une fusillade, dans le lit d'une femme que j'ai rencontrée dans un bar... ca fait vieux films des années 80 !"

    La jeune femme étouffa un rire.

    -"C'est juste un tout petit moins glamour que ça, mais le résumé est plutôt bon, Jack."

    -"Arrêtez avec ce Jack, ça n'est pas mon nom."

    -"Dites-moi votre nom dans ce cas... car moi, je ne connais que Jack."

    -"Je ne sais pas comment je me prénomme mais je suis sûr que ça n'est pas Jack..."

    -"Peut-être est-ce un diminutif ? Votre prénom doit être Jonathan..."

    L'homme secoua la tête, ce prénom non plus ne lui était pas familier.

    -"Il me semble avoir un diminutif mais ce n'est pas ça..."

    L'homme réussit à se redresser et porta les mains à sa tête.

    La jeune femme remarqua une bosse à l'arrière de son crâne. Elle devina que l'amnésie devait être liée au choc mais elle doutait que le conduire aux urgences soit vraiment une option. Les médecins devraient signaler la blessure par balle et les russes retrouveraient leur trace comme ça, en cherchant bien.

    Elle fouilla dans son sac de médicament et mit la main sur un antidouleur. Elle lui donna un cachet et un verre d'eau.

    -"Merci... euh... je ne connais même pas le nom de la femme dont je suis redevable."

    -"On m'appelle Kimberley, au bar."

    -"D'accord et en vrai, c'est quoi ?"

    -"Mon vrai nom, c'est Cissy."

    -"Merci, Cissy, pour tout !"

    -"Je vous suis redevable aussi, vous savez."

    Comme l'homme l'interrogea du regard, elle expliqua sa vie et leur rencontre. Elle finit par lui raconter en détail la fusillade, dont elle avait été témoin et dont il l'avait sauvée. Tout en l'écoutant, les yeux perdus dans le vague, il caressait le chat, couché près de lui. Elle était sincère dans ses explications, il le savait. Il ignorait d'où il tirait cette certitude mais il le savait, il avait confiance. Cependant, quelque chose dans son récit le troublait.

    -"Vous savez ce que je fais dans la vie ?"

    -"Vous m'avez expliqué que vous aviez été joueur de base-ball et qu'à présent, vous étiez entraineur."

    -"Quel poste occupais-je ?"

    -"Même si vous me l'aviez dit, je doute de l'avoir retenu, je n'y connais rien !" dit Cissy en gloussant.

    L'homme tourna son visage vers elle et sourit.

    Il lui demanda plus tard si elle avait une salle de bain et elle le guida vers une pièce qui faisait office de salle d'eau. La petite pièce était attenante à la pièce qu'elle occupait. De toute évidence, Cissy avait aménagé le bureau du PDG pour vivre le plus confortablement possible. Un fort sentiment d'injustice monta en lui. Comment une jeune femme aussi gentille que Cissy, luttant pour survivre, se retrouvait à vivre dans un entrepôt à l'abandon ? Elle exerçait un métier ingrat mais elle lui avait offert un abri et des soins quand il en avait eu besoin. Peu importe qui il était en réalité - et il doutait d'être entraineur - il devait faire quelque chose pour elle. Mais il devait se remettre sur pied avant toute chose. Il devait retrouver des forces et sa mémoire. De plus, il devait se cacher des russes avant de pouvoir se débarrasser d'eux.

    Il regarda son reflet dans le miroir de fortune. Il était torse nu et observa sa blessure de près. Elle semblait propre, aucun signe d'infection apparent. Il vit un mouvement dans le miroir, il fixa Cissy derrière lui.

    -"Désolée, je voulais te rendre ton t-shirt" dit-elle, en lui tendant son vêtement.

    -"Merci" dit-il, en se tournant, afin de la regarder en face.

    Il attrapa son t-shirt, frôlant les doigts de la jeune femme. Cissy se détourna rapidement de son invité, elle semblait troublée.

    Elle essaya de préparer quelque chose de léger pour le dîner, le chat dans les jambes.

    -"Il est beau ton chat, comment s'appelle-t-il ?"

    -"Ce n'est pas mon chat, je l'ai ramené avec nous après la fusillade. Il n'a pas encore de nom" expliqua Cissy.

    Jack lui sourit.

    -"Tu as besoin d'aide ?"

    -"Si tu veux mettre la table."

    Ils dînèrent tranquillement, discutant de la fusillade. L'homme sentant qu'il devait avoir tous les détails, ignorant pourquoi. Cissy ne comprenait pas non plus les questions pointues qu'il lui posait mais répondait de bonne grâce.

    Cissy fit la vaisselle dans la petite salle d'eau, grâce à une petite bassine. Son invité proposa de sécher la vaisselle et de la ranger.

    Un problème se posa au moment du coucher, chacun proposant à l'autre de prendre le lit.

    -"On n'a qu'à partager le lit, chacun de son côté. Je te promets de ne rien tenter" promis Jack.

    Cissy était trop fatiguée pour argumenter.

    -"J'espère que ta femme ne t'en voudra pas."

    -"J'ignore si je suis marié mais je ne pense pas. Qu'aurais-je fait dans un club de strip-tease ?"

    -"Tu as dit que tu voulais de la compagnie mais tu n'as jamais payé pour... enfin, tu sais... tu es resté fidèle à ta femme, si tu en as une."

    Ils se couchèrent, habillés, dans le lit froid. Le chat vint se blottir contre Cissy, profitant de sa chaleur.

    Le lendemain matin, Cissy croisa le regard brun de son voisin.

    -"Salut !" dit-elle en s'étirant.

    -"Salut !" répondit l'homme, appréciant le petit gémissement qui s'échappa des lèvres de Cissy quand elle étira ses muscles froids.

    Le chat bâilla, visiblement contrarié d'avoir été réveillé. La jeune femme se leva pour préparer le petit-déjeuner.

    -"Tu te sens bien ?" demanda-t-elle à l'homme qui se massait les tempes.

    -"J'ai un peu mal à la tête. Tu as d'autres médicaments ?"

    -"Oui, laisse-moi voir ça."

    Elle fouilla dans ses affaires et lui tendit un nouvel antidouleur.

    -"Jack ?" demanda-t-elle, en posant sa main sur l'avant-bras.

    Il avait posé ses paumes sur ses yeux.

    -"Don."

    -"Je te demande pardon ?"

    -"Je m'appelle Don... je crois !"

    -"Oh je vois... Tiens, prends ça" dit Cissy, en lui posant un cachet dans la main.

    Don se rallongea après le petit-déjeuner, son mal de tête ne se calmant pas. Cissy tenta de faire un peu de ménage, sans faire de bruit puis elle s'installa dans son fauteuil avec un livre. Elle levait régulièrement la tête vers le chat, blotti contre Don.

    L'homme en question gémit dans son sommeil et Cissy s'approcha de lui. Elle posa une main sur son front et sentit la chaleur. Comme il avait déjà eu des médicaments, elle ne le réveilla pas pour lui donner autre chose mais elle prit une bassine avec de l'eau fraiche et passa un gant de toilette sur son front. Elle s'installa près de lui, sur le lit mais finit par s'endormir.

    Quand Don s'éveilla plus tard, le jour commençait à décliner et Cissy était blottie contre lui. Il sourit. Cette femme était étonnante, elle possédait peu de choses mais partageait tout avec lui - un inconnu qui avait menti sur son identité. Elle n'avait posé aucune question, acceptant que Jack soit en réalité Don. Elle gigota et ouvrit les yeux pour croiser les siens. Don tendit la main vers elle, caressant tendrement sa joue. Sans aucune préméditation, il déposa un fin baiser sur ses lèvres.

    -"En quel honneur ?" demanda-t-elle, en gloussant.

    -"Juste pour te remercier."

    -"De quoi ?" demanda Cissy, les yeux brillants.

    -"D'être toi, d'être là..."

    Alors, Cissy passa un bras autour de la nuque de Don et l'attira vers elle, le forçant à l'écraser de son poids. Elle l'embrassa. Ils ne parlèrent plus, mettant leurs cerveaux sur pause, se laissant uniquement guider par leur instinct et par leurs sens.

    Plus tard, dans un enchevêtrement de draps, Cissy posa sa tête sur le torse nu de Don, écoutant le rythme régulier de son coeur. Il avait passé un bras sous sa tête, l'autre dans le dos de sa compagne.

    -"Je suis si bien là" dit Cissy, rêveuse.

    -"Moi aussi. C'est dur à croire mais je me sens bien, apaisé alors qu'on vient de survivre à une fusillade..."

    Cissy se blottit un peu plus contre Don.

    -"Que fait-on maintenant ?"

    -"Que veux-tu dire ?" demanda Don.

    -"Je viens de perdre mon boulot, j'en suis certaine. Je vais devoir chercher un travail et on ignore si tu es vraiment entraineur de base-ball..."

    -"Tu ne peux pas sortir trop souvent d'ici. Ceux nous ont tiré dessus ne vont pas abandonner comme ça..."

    -"Que fait-on, alors ?" demanda Cissy à nouveau.

    -"Est-ce que j'ai des papiers au moins ?" demanda Don, quittant le lit.

    Il chercha ses vêtements et fouilla dans les poches. Il trouva de l'argent, mais pas de documents importants, comme si c'était un faux.

    -"Ca nous aidera à tenir un peu, en attendant qu'on sache quoi faire" dit Don, donnant l'argent à Cissy.

    Il trouva une carte de visite vierge, portant uniquement un numéro de téléphone. Il donna la carte à Cissy, pour voir si elle reconnaissait le numéro. Elle secoua la tête.

    -"Prête-moi ton portable, s'il te plait."

    -"Je n'en ai pas."

    -"Pardon ?"

    -"Toutes mes affaires sont restées au club, je n'ai ni papiers, ni carte de crédit, ni mon portable..."

    -"Bon, indique-moi la cabine la plus proche et donne-moi ça" dit-il en prenant un billet, avec un sourire.

    Don était sorti s'acheter une casquette, des lunettes de soleil, puis il avait fait quelques courses. Il était passé près d'une cabine téléphonique et avait appelé le numéro trouvé dans son portefeuille.

    -"Bureau de Jack Anderson" avait dit une femme et Don avait raccroché immédiatement.

    Il était rentré à l'entrepôt par des chemins détournés. Le chat miaula à son retour.

    -"Oui oui, le chat, j'ai pensé à toi !" dit Don, en exhibant un sachet de croquettes.

    Cissy lui sourit tendrement. Don rangea ses courses et expliqua à la jeune femme que le numéro n'avait rien donné.

    -"Charlie..." murmura-t-il, pensif.

    -"Qui est-ce ?"

    -"Je ne sais pas trop... un homme qui compte beaucoup pour moi mais... je ne sais pas d'où je tiens ça."

    -"La mémoire va te revenir, donnes-toi du temps !"

    -"Imagine que j'ai une famille, je veux dire des parents ou des enfants... Ils doivent être inquiets !"

    Cissy le serra dans ses bras, pour le réconforter. Don ne savait pas comment elle faisait ça mais ça lui faisait du bien de la sentir contre lui.

    -"On en revient au même problème, que va dire ta femme ?"

    -"Je n'ai pas le sentiment d'être marié... ou même d'être avec une femme... Je me sens bien avec toi !"

    -"Don... je pense que je commence à tenir beaucoup à toi..."

    -"C'est réciproque, Cissy. Quoi qu'il arrive, je ne renoncerais pas à toi !"

    Il l'embrassa et la guida vers le lit.

    Don se réveilla en sursaut pendant la nuit. Il se passa une main sur le visage. Il avait eu des flashs et essayait de recoller les pièces du puzzle. Sa mémoire était une passoire et ce sentiment d'impuissance le mettait mal à l'aise. Il n'aimait pas être faible.

    Il se recoucha près de Cissy, qui se colla à lui. Il caressa son bras et déposa un baiser sur son épaule. Il ne trouva pas le sommeil mais resta à méditer dans le noir. Le chat vint s'installer sur sa cage thoracique et ronronna pour accompagner ses pensées.

    Quand Cissy se réveilla, elle trouva le chat, la truffe contre la gorge de Don et ce dernier, la bouche grande ouverte, une main sur le chat.

    Des bruits dans l'entrepôt le réveillèrent et Cissy commença à paniquer.

    -"Habille-toi vite" dit Don, en chuchotant.

    Il poussa le chat pour se lever et se vêtir rapidement. Un réflexe lui fit chercher son arme à la ceinture mais sa main ne rencontra que le vide. "Il est beau le flic amnésique sans flingue !" jura-t-il intérieurement.

    -"Quoi ?" demanda Cissy, face à sa mine perplexe.

    -"Tu n'aurais pas une arme par hasard ?"

    Cissy fouilla sous son lit et sortit un Beretta 92R, qu'elle tendit avec ses chargeurs, à Don.

    -"Mais qu'est-ce que tu fous avec ça ?" dit-il, aussi doucement que possible, tout en chargeant l'arme.

    -"C'est mon ami Chima qui me l'a donné."

    Don soupira et lui fit signe de se cacher. Elle attrapa le chat et s'enferma dans sa petite salle de bain. Don ouvrit la porte et ses réflexes de flic refirent surface. Il avait chargé le Beretta sans même se poser de questions, ce qui lui avait fait un peu peur. Il se prépara à descendre les escaliers quand des coups de feu se firent entendre, en bas. Il se plaqua contre le mur mais continua à avancer. Arrivé à quelques pas des escaliers, il se figea car une équipe d'intervention le mit en joue. Reconnaissant les forces de police, il leva les mains en signe de reddition. Un agent en civil, avec le pare-balles du FBI, se détacha du groupe d'hommes en noir.

    -"Don !"

    -"Euh... oui ?"

    L'agent en question semblait familier à Don mais il n'arrivait pas à se rappeler ni son nom, ni leurs liens.

    -"C'est moi, David... David Sinclair. Est-ce que ça va ?"

    -"Je vous connais ?"

    -"Je suis ton second, si je puis dire. Tu veux voir un médecin ?"

    Avant que Don ne puisse répondre, il entendit la porte de la chambre de Cissy s'ouvrir. Ne voulant pas qu'elle soit blessée, il se mit en travers du couloir, les bras écartés.

    -"Ne tirez pas !"

    -"Don ?" interrogea la petite voix de la jeune femme.

    L'intéressé se tourna vers elle et lui sourit.

    -"Tout va bien, c'est la police."

    David ordonna à ses hommes de ne pas intervenir. Un jeune homme monta les marches à la hâte, en hurlant "Don !"

    Avant que Don ne puisse faire quoi que ce soit, le FBI avait emmené Cissy. Il était en train de se faire ausculter par un médecin, dans une ambulance, quand les cris de la jeune femme attirèrent son attention.

    -"Cissy !" hurla Don, s'arrachant à ses soigneurs.

    Charlie posa une main sur son épaule valide et essaya de calmer son frère. David était aussi intervenu.

    -"Don, on doit la mettre dans le programme de protection des témoins. Youri Vasili est toujours recherché et elle est en danger ! Nous avons abattu ses hommes de main seulement."

    -"Non ! Je dois la voir, je veux lui dire au revoir !"

    -"Ce n'est pas possible, Don, tu le sais !"

    Don avait imploré ses supérieurs dès son retour mais ils avaient été inflexibles : il ne reverrait plus Cissy. Elle était désormais un témoin sous protection. On lui avait fourni un toit, une voiture, un travail, c'est tout ce qu'il avait besoin de savoir.

    Seul chez lui, Don repensait à Cissy et à cette merveilleuse nuit avec elle. Quand il était rentré de son petit tour - celui qui avait permis à son frère et à David de le retrouver - il avait offert une plante en pot à Cissy.

    -"Joyeux Noël, je sais que c'est peu de chose mais..."

    -"Merci !" avait dit Cissy, se jetant à son cou.

    Elle rayonnait. Qui aurait pu dire que des roses de Noël la rendraient si heureuse ?

    Quand la mémoire lui revint entièrement, il décida de retrouver lui-même Cissy. Charlie et David s'en rendirent compte et décidèrent de l'aider.

    Charlie mit à profit ses compétences pour localiser la jeune femme. Ils n'avaient pas accès aux fichiers sécurisés du programme de protection des témoins, mais Don se rappela que ça n'avait jamais arrêté son frère. Il lui expliqua ses calculs mathématiques - auxquels Don ne pigeait rien...

    Cissy était installée dans son jardin, profitant des rayons du soleil de l'Arizona, quand elle entendit des portières claquer dans la rue. Le bruit était solennel et elle pensa immédiatement "fédéraux". Le temps qu'elle fasse le tour, par le jardin, l'un d'eux sonnait déjà à sa porte. Il portait son chat dans ses bras.

    -"Oui, monsieur l'agent ?" dit-elle à l'homme de profil.

    Quand il se tourna vers elle, elle crut que son coeur allait s'arrêter.

    -"Jack ?" dit l'homme avec un sourire, pointant le chat du doigt et son collier avec son nom.

    -"Oui, je l'ai trouvé dans la rue, après été sauvée d'une fusillade. Je l'ai baptisé comme mon sauveur" dit Cissy, malicieusement.

    Elle rassembla toute sa volonté pour ne pas se jeter au cou de Don et le serrer fort.

    -"Tu apportes de mauvaises nouvelles ?"

    Ils s'étudièrent longuement, à travers leurs lunettes noires, puis Don répondit : "Plutôt de bonnes en fait. Youri a été assassiné, il n'y aura pas de procès, ta protection est levée."

    -"Oh, je vois. Je dois rendre la voiture et la maison ?"

    Don posa Jack au sol et remarqua les roses de Noël, près de la chatière. Il se rapprocha de Cissy.

    -"Non, tu peux choisir de rester là ou..."

    -"Ou ?"

    -"Ou bénéficier d'une protection du FBI permanente, à Los Angeles, chez moi, 24h/24..."

    Cissy enroula ses bras autour du cou de Don et l'embrassa doucement. L'agent la prit dans ses bras, la serrant fort.

    -"La protection policière me tente bien..."

    Ils s'embrassèrent encore.

    -"Tu sais, je ne suis pas le genre de mec à aller dans des clubs pour hommes d'habitude mais..."

    -"Tu étais sous couverture. Je sais, l'agent Sinclair m'a tout expliqué."

    -"David ? Quand l'as-tu vu ?"

    -"Quand je suis venue chercher mes effets personnels chez moi, il était là et a demandé à me parler. Il était passé au club et m'avait rendu mes affaires, sauf celles portant mon nom. Il a tenu à me parler de toi, du genre d'homme que tu étais... Il a juré que tu ferais tout pour me retrouver, alors j'ai gardé espoir."

    -"Tu savais que je viendrai ?"

    -"Au fond de moi, j'ai su quand je t'ai rencontré que tu étais différent."

    Don embrassa Cissy et posa son front sur son épaule.

    -"Que décides-tu ?"

    -"Je rentre à LA avec toi, mais à une seule condition !"

    -"Laquelle ?"

    -"Je garde Jack et mes fleurs !"

    Don rit et promis qu'en plus de celles qu'elle avait déjà, Cissy aurait toujours des fleurs à Noël.

    FIN


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  • Disclaimer : Les personnages de la série appartiennent à Damian Kindler. Je ne tire aucun bénéfice de leur mise en situation.

    Texte écrit pour MRJ à l'occasion du Secret Santa 2015 de Frenchficsfanart

    ***

    JOYEUX NOËL MA DOUCE

    Nikola Tesla était un homme fier et imbu de sa personne. Et il y avait de quoi.

    Il était né dans l’actuelle Croatie, mais il se définissait plutôt comme un Serbe de Croatie. Son pays d’origine avait fort évolué depuis sa venue au monde et lui, avait beaucoup voyagé. Il s’était rendu compte très jeune de son génie et avait défié les plans de carrière de son père - qui le destinait à devenir prêtre orthodoxe - en faisant de grandes études.

    Il fit quelques années en Autriche, puis passa par la France avant d’entrer à Oxford grâce à ses capacités intellectuelles. Une fois loin d’elle, il ne donna presque plus signe de vie à sa famille, malgré son attachement pour sa mère, Đuka Mandić. Il avait cependant gardé un souvenir d’elle, un camée qu’il conservait sur lui depuis son départ.

    Une fois, il l’avait égaré mais il avait fait appel aux talents de Druitt pour le retrouver. 

    Depuis, il attendait le bon moment pour l’offrir à la bonne personne.

    Et pour cela, il avait attendu plus d’un siècle. Il avait certes rencontré la bonne personne depuis bien longtemps mais le moment n’avait jamais été le bon.

    Elle avait rencontré John Druitt quelques minutes avant lui et était tombée éperdument folle de lui, au grand damn de Nikola. Dans des circonstances différentes, elle serait tombée amoureuse de lui et sa vie aurait été toute autre.

    En réalité, Nikola souffrait d’un terrible chagrin d’amour, ceux qu’on n’oublie jamais, et malheureusement pour lui, il était immortel…

    A quelques jours du réveillon de Noël, il se sentait plus triste que de coutume. Être âgé de plus de 155 ans n’est pas toujours simple. De ses amis, il ne restait plus que Magnus - puisqu’on ignorait tout de John et cela lui convenait tout autant.      

    Et il ne voulait passer les fêtes de fin d’année qu’avec elle seule de toute façon. Une dernière fois, il regarda le camée dans sa main et le replongea dans la poche intérieure de son veston. Il soupira et décida de déboucher un bon Bordeaux, juste pour passer le temps.

    Le téléphone sonna et Nikola se prit à rêver que Magnus l’appelle pour passer les fêtes au Sanctuaire, avec elle. Comme cela aurait été agréable. Bien sûr, il aurait refusé dans un premier temps, prétextant une quelconque occupation, juste pour le plaisir de l’entendre le supplier. Ils auraient su, l’un comme l’autre, qu’il n’avait rien de mieux à faire et qu’il était ravi de la rejoindre, en réalité.

    Le numéro de Magnus s’affichait bel et bien sur l’écran et le coeur du vampire, s’il avait battu, aurait eu des ratés.

    ”Allô ?” fit le vampire, avec son meilleur air narquois.

    ”Tesla, c’est Will !” dit le jeune homme, légèrement paniqué.

    ”Que me vaut ce plaisir ?” 

    ”C’est Magnus, il faut que vous veniez, tout de suite, elle a besoin d’aide !”

    ”Si Helen a besoin de moi, pourquoi n’appelle-t-elle pas en personne ?” demanda Nikola légèrement vexé.

    ”Parce qu’elle ne peut pas, elle est dans le coma !” hurla presque le protégé de la directrice du réseau des sanctuaires.

    Will n’eut pas besoin, ni le temps, d’ajouter quoi ce fut de plus que Nikola arrangeait déjà les détails de son voyage afin de rejoindre sa bien-aimée.

    ***

    Nikola ne s’encombra pas de politesse quand Big Foot lui ouvrit la porte, il demanda juste en franchissant le seuil ”mais que s’est-il encore passé ? Pourquoi n’avez-vous pas réussi à veille sur elle ?”

    L’intéressé grogna en guise de réponse - ou pour dire bonjour, allez savoir - et guida le vampire vers sa maîtresse. Il n’était pas content de se faire houspiller par Tesla mais il se sentait responsable de l’état de Magnus car en effet, un de ses rôles était de la protéger et il avait failli.

    Si elle venait à mourir, il ne s’en remettrait pas et Tesla - ou Druitt - le tuerait sans doute, en représailles.

    Arrivé au chevet de la malade, Tesla ne put contenir un grondement sourd, venant de sa poitrine.

    Helen était allongée, livide mais couverte de blessures sur un lit d’hôpital, dans son propre sanctuaire. Elle était sous respirateur et sa poitrine se soulevait à chaque souffle d’air de la machine.

    Sans la présence de témoins, Nikola aurait couru à son chevet, aurait pleuré avec sa fragile main dans la sienne, la couvrant de baisers… 

    Mais il n’était pas seul et ne pouvait pas se permettre de se donner en spectacle. Alors, il fit ce qu’il savait si bien faire : être hautain et odieux.

    ”Mais qu’est-ce que vous avez foutu, bordel !?!”

    Personne ne releva le juron, si peu habituel. Kate, Will, Henry et Big Foot avaient la tête baissée et regardaient leurs chaussures avec un air grave.

    ”Qui est au courant ?” demanda Nikola.

    Will, se sentant visé par la question, répondit ”personne, pour le moment.”

    ”Très bien, il faut que ça dure, parce que si ça venait à se savoir, vous seriez tous dans de sales draps ! A commencer par vous deux !” dit Nikola, en pointant de l’index Big Foot et Henry, tour à tour. ”On sait tous ce que certains scientifiques rêvent de vous faire, morts ou vifs !”
     

    Il demanda ensuite à voir le dossier médical de Magnus et posa des questions sur la raison de son état.

    ”On nous a signalé un phénomène très rare, dans un quartier assez mal famé d’Old City. Donc, nous sommes tous partis pour essayer de l’attraper mais tout s’est très mal passé” commença Kate, la voix tremblante.

    ”Quel genre de phénomène ?” demanda durement Nikola.

    ”Un… euh… hum,  je ne sais pas le prononcer” paniqua la jeune femme.

    ”C’est un Dendrobatidae Alcaloïdus Hominem” ajouta rapidement Henry avant que le vampire ne se fâche.

    ”Un homme-grenouille vénéneux” voulut expliquer Will.

    ”Je sais ce que c’est, Dr Zimmerman, merci ! Je parlais le latin alors que votre arrière-arrière-grand-mère n’était pas née ! Et que s’est-il passé ensuite ?”

    ”Le Dendro lui a sauté dessus et l’a mordue mais la peau de Magnus est plus résistante qu’il n’avait prévu, ce qui nous a permis de lui envoyer des cartouches tranquillisantes mais il a réussi à la blesser. Une cartouche a touché Magnus et ils se sont effondrés tous les deux. Ils sont comme ça depuis qu’on les a ramené ici” conclut Kate.

    ”Qu’avez-vous essayé comme protocole de soins ?”

    ”Rien” répondit Henry, prenant le relai. ”J’ai fait quelques analyses mais nous ne savons pas les interpréter. C’est pour ça qu’on a besoin de vous.”

    ”Même si je suis un brillant scientifique, je ne suis pas docteur en médecine. Je ne peux rien pour vous.”

    ”Je ne suis pas de cet avis, je pense que le sang de vampire de Magnus a interagi avec le venin neurotoxique du Dendro, causant ce coma étrange.”

    Tesla laissa l’idée se faire un chemin dans son esprit. En effet, si le phénomène avait bel et bien mordu Helen, il l’avait infecté mais elle aussi, en retour. Le mélange des deux ”poisons” avait causé une réaction et seuls des tests effectués avec du sang de vampire pourraient le prouver et sauver Magnus, le cas échéant.

    ***

    Tant bien que mal, Henry réussit à prélever le sang de Nikola puis il lança ses analyses. La longue attente patienta et chacun gardait à tour de rôle un oeil sur Magnus - et sur le Dendro.

    Big Foot ne put empêcher Nikola de se servir dans la cave de Magnus. Le vampire avait besoin de noyer son chagrin, même si cela ne servait à rien. D’une part, parce qu’il ne ressentait plus les effets de l’alcool et d’autre part, parce que ça ne faisait pas avancer les choses.

    ***

    Malgré la bonne volonté d’Henry, les tests ne se montraient pas concluants.

    ”Pourquoi ? Mais pourquoi ?!?” s’écriait Nikola à longueur de journée.

    Un matin, Will fit une remarque intéressante, qui captiva immédiatement l’attention des scientifiques.

    ”Et si ça venait des échantillons ?”

    ”Comment ça ?” demanda Nikola, agacé.

    ”On teste le sang de Tesla avec le sang du Dendro mais celui-ci n’est pas pur, puisqu’il a été contaminé par Magnus.”

    ”Mais bien sûr, il nous faut du sang de Dendro sain !” s’écria Henry.

    ”Et on trouve ça où ?” questionna Nikola, sceptique.

    ”Au marché noir !” dit Kate, sûre d’elle, tout en armant son revolver, tandis que Will sortait de l’argent liquide du coffre-fort.

    ”Helen vous laisse réellement accéder à son argent ?” 

    ”Elle a mis à notre disposition certains fonds, pour les cas d’urgence. Le reste est bien à l’abri” répondit Henry au vampire, tout en tapotant son ordinateur.

    Helen vivait avec son temps et elle gérait ses comptes sur internet même si elle avait toujours du liquide à disposition.

    Big Foot resta près de Magnus pendant que les autres partaient en quête de sang de Dendro.

    ***

    La quête s’était achevée avec pertes et fracas. Toute la fine équipe rentra bredouille et chacun de ses membres blessés.

    En effet, Kate avait failli être bernée par son vendeur et elle avait flairé le piège à temps. Will et Henry auraient aimé régler ça plus tard mais Telsa leur rappela que le sanctuaire était en danger tant que Magnus ne serait pas sur pied. 

    ”Le meilleur moyen de la sortir vite de là, c’est de pouvoir se concentrer sur notre travail, sans avoir à surveiller nos arrières en permanence !”

    ”Il a raison” avait dit Kate, elle aussi préoccupée par la situation de leur chef.

    L’équipe était donc rentrée avec quelques blessures sans gravité mais sans le précieux sang de Dendro…

    ***

    Contre toute attente, Nikola avait traqué et abattu lui-même un Dendro qui avait fait parler de lui dans la région.

    Il était rentré blessé et épuisé, après une traque de plusieurs jours et nuits sans repos.

    Henry et Will avaient travaillé d’arrache-pied afin de trouver un remède à l’état de Magnus.

    Ce n’était plus qu’une question d’heures.

    ***

    Magnus avait été déplacée dans sa chambre, après que Will lui ait injecté une sorte d’antivenin et après un moment, le respirateur n’avait plus été nécessaire.

    Tous attendaient avec angoisse le réveil de la chef des Sanctuaires.

    Ils essayaient de s’occuper les mains et l’esprit en vaquant à leurs diverses tâches. Le seul qui ne faisait rien était Nikola, qui buvait du soir au matin.

    Ses journées étaient longues mais ses nuits l’étaient encore plus, seul dans l’obscurité de la chambre de Magnus. 

    Les autres se relayaient la journée mais laissaient Nikola la veiller pendant qu’eux prenaient un peu de repos.

     

    Le 24 décembre au soir, ils ne purent le convaincre de se joindre à eux pour un réveillon improvisé, sans prétention. Ils n’avaient pas vraiment le coeur à faire la fête.

    ***

    Pour l’occasion, Nikola avait enfilé son plus beau - et plus cher - costume, un complet avec veston en soie.

     

    Il faisait les cent pas devant la cheminée de la chambre de sa chère Helen. Sa nervosité grandissait encore et encore, lui-même se demandait comment la gérer si l’état de Magnus ne s’améliorait pas vite.

    ”Helen, je t’en prie” lui disait-il, régulièrement.

     

    Il s’arrêtait et caressait le dos de sa main, puis repartait pour un tour de la pièce.

    ”Helen, ne me laisse pas, s’il te plaît, ne m’abandonne pas…” avait-il finit par avouer.

    Ses paroles arrivèrent jusqu’à Helen, dans les méandres de son esprit. Elle commençait à reprendre conscience, tout doucement.

    ”Helen, je… j’aurais dû t’avouer il y a bien longtemps mes sentiments mais…” 

    Comme il était dur pour Nikola de devoir avouer ce qu’il estimait être une faiblesse : son amour.

    ”Je t’aime, depuis le premier jour et je n’ai jamais cessé malgré les années.”

    Il prit le camée de sa mère dans sa poche de veston et le déposa dans la paume de sa bien-aimée. Il ferma la main de cette dernière et y déposa un baiser sur le dos.

    ”Cela fait bien longtemps maintenant que je voulais t’offrir ce bijou. Et je réalise qu’il est sans doute trop tard.”

    Il se releva, se versa un peu de bien et fit quelques nouveaux pas.

    ”Nikola…” murmura une voix fatiguée.

    Croyant avoir rêvé, Nikola stoppa son cheminement et tendit l’oreille.

    Helen déglutit avec peine, sa gorge étant très sèche.

    ”Nikola” appela-t-elle une seconde fois.

    Certain de ne pas avoir rêvé, Nikola se rua au chevet d’Helen. Il attrapa la petite main blafarde qu’elle lui tendit et la serra contre son coeur.

    Il se laissa aller à verser une larme de bonheur.

    ”Comment vas-tu ?” lui demanda-t-il, doucement, en lui caressant le front.

    ”J’ai soif.”

    Nikola lui versa de l’eau dans un verre et l’aida à boire.

    ”Que s’est-il passé, Nikola ? Que fais-tu ici ?”

    Le vampire lui raconta en détail sa mésaventure avec le Dendro mais passa sous silence sa participation héroïque.

    Sur le seuil, Big Foot faillit laisser tomber le plateau qu’il apportait à Tesla pour le Réveillon. Un grondement de joie monta de sa poitrine et alerta Will, Kate et Henry.

     

    Tout le monde vint fêter le réveil d’Helen et ils en profitèrent pour se souhaiter un joyeux Noël.

    Pendant que tout le monde buvait une coupe de champagne, Helen trouva le camée qui lui avait échappé.

    ”Nikola ?” interrogea-t-elle.

    ”Joyeux Noël, ma douce” déclara Nikola, en déposant un baiser sur les lèvres chaudes de sa bien-aimée.
     

     

     

    FIN 


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  • Souvenir d'un Noël passé

    Disclaimer : La Famille Addams est la propriété de Charles Addams, je ne tire aucun bénéfice de cette histoire. Certains personnages sont issus de ma propre imagination.

    Note : OS écrit pour Whogirl, à l'occasion du "Secret Santa 2014" sur le forum frenchficsfanart.

    Je me suis inspirée des personnages des films, tout en me servant des détails de la série (vue il y a bien longtemps).

    ***

    Depuis le seuil, Gomez Addams observait sa chère et tendre épouse, Morticia. Elle ne semblait pas consciente de sa présence dans son dos et cela convenait parfaitement à l'homme amoureux qu'était Gomez.

    Elle était belle comme une diablesse et il aimait la contempler à son insu, pendant qu'elle était occupée avec ses plantes. Cléopâtre était de loin sa préférée et il le savait, puisqu'il lui avait offert cette plante carnivore pour leur mariage.

    Quand Gomez observait Morticia à la dérobée, cela lui rappelait ses jeunes années.

    En effet, ils s'étaient officiellement rencontrés à l'enterrement de Balthazar, le cousin de Gomez, mais le jeune homme avait déjà remarqué Morticia à l'université, un soir de réveillon.

    Il y étudiait le droit pendant qu'elle fréquentait la fac de lettres. Il avait appris par la suite qu'elle passait un diplôme de "Charmes et sortilèges" tout en suivant des cours de botanique maléfique. Il ignorait d'où lui venait cette passion pour cette discipline, mais Morticia était fascinée par les plantes carnivores. Sans doute lui rappelaient-elles les instincts primitifs de l'être humain, leur côté bestial et sans pitié. Un héritage de leurs ancêtres cro-magnon.

    La première fois qu'il l'avait vue, elle marchait dans les allées du campus en compagnie de sa jumelle, Ophelia Frump. Morticia avait les cheveux noirs d'ébène et sa soeur, elle, était blonde. Les deux jeunes femmes étaient grandes et maigres mais Ophelia dépassait sa jumelle d'une demi-tête. Tous les regards convergeaient vers elles deux et elles feignaient d'y être insensibles mais Gomez pouvait voir qu'elles se délectaient de cette fascination morbide qu'elles inspiraient.

    Le jeune homme ne faisait pas exception et il peinait à détacher son regard. La scène se déroulait comme au ralenti sous ses yeux et son coeur qui était mort dans sa poitrine se mit à battre pour la première fois.

    Un étudiant bouscula Morticia au détour d'une allée, éclairée seulement par la pleine lune. On entendit un loup-garou hurler et Gomez se souvenait parfaitement de la suite : Ophelia força le jeune homme à ramasser les livres qu'il avait fait tomber des mains de sa soeur et les jumelles le toisèrent de toute leur hauteur. Gomez aurait presque eu pitié de l'étudiant si ce sentiment lui avait été familier !

    Le jeune étudiant bafouilla des excuses et rendit ses livres à Morticia tout en tremblant des pieds à la tête. Gomez esquissa un sourire, aussi bien dans le passé face à cette scène que dans le présent, en contemplant cette créature fantastique.

    A présent, Morticia coupait la tête ses roses, juste sous la corolle, afin de faire un bouquet pour le centre de table. Noël était une tradition dans la famille depuis des générations mais en bonne maitresse de maison, elle veillait à ce que tout soit particulièrement soigné. Aucun détail n'était laissé au hasard. Elle savait également que Gomez attendait d'elle une fête mémorable et elle ne voulait pas le décevoir.

    Depuis qu'ils s'étaient rencontrés, Gomez s'était bien gardé d'avouer à Morticia qu'il était tombé fou amoureux d'elle bien avant de la rencontrer. Ce souvenir faisait partie de son jardin secret et chaque année à Noël, il le dépoussiérait, se le repassait en boucle et le rangeait finalement soigneusement, dans l'attente de l'année suivante.

    Morticia était consciente de la présence de Gomez dans son dos, comme tous les ans à cette période. Elle le laissait croire depuis toutes ces années qu'il était discret et elle, ignorante de son aura.

    Elle le connaissait par coeur et malgré tout ceci et toutes ces années, elle l'aimait chaque jour un peu plus.

    Elle savait également à quoi il pensait, debout dans dos. Morticia savait qu'il était tombé sous son charme ensorcelant à l'université, le cousin Machin l'avait surpris et quand il l'avait reconnu aux obsèques de Balthazar, il n'avait pu s'empêcher de tout raconter à sa cousine.

    Puisqu'elle était immédiatement tombée sous son charme quand on les avait officiellement présentés, elle avait tenu sa langue.

    Bien des années plus tard, ce petit secret pimentait encore leur mariage. Cela avait quelque chose de magique et de mystérieux.

    Cette année encore, Noël serait grandiose et leur secret, bien gardé.

    Un cri résonna dans le lointain puis, un tintement se fit entendre. De concert, Gomez et Morticia tournèrent la tête vers le haut de la véranda er il leur sembla qu'un traineau se détacha du clair de lune.

    Avaient-ils rêvé ou est-ce que le vieux barbu venait de passer avec ses rennes ?

    FIN


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  • Disclaimer : les personnages de la série ne m’appartiennent pas, ils appartiennent à Joss Whedon, je ne tire aucun bénéfice de leur mise en situation.

     Saison : années lycées. 

    Note : Concours Halloween 2015 du FFF

    ***

    Joyce Summers était montée avec un plateau de petit-déjeuner pour faire une belle surprise à sa fille Buffy, en ce matin du 31 octobre. Elle savait que sa fille détestait Halloween, à cause de ses activités de Tueuse de vampires.

    Giles, son observateur, lui avait annoncé la première année de leur collaboration que c’était le jour de repos des morts-vivants mais il n’avait jamais eu plus tort. Tous les ans, il arrivait une catastrophe… Buffy avait donc décidé que cette année serait inédite. 

    ”Debout ma libellule !” dit Joyce, avec tout l’entrain possible de si bon matin, les mains chargées de nourriture. ”C’est Halloween !”

    Un grognement parvint de sous la couette de Buffy.

    ”Je sais ma chérie, mais sors de là, j’ai ton petit-déjeuner !”

    Buffy, un peu sceptique, bougea sa main pour dégager sa vue. Sa mère n’avait pas menti, elle lui avait bel et bien apporté un plateau.

    ”Que me vaut cet honneur, Maman ?”

    ”Quoi ? Une mère aimante ne peut-elle pas faire plaisir à sa propre fille en lui apportant un bon petit plat ?”

    ”Maman !” gronda gentiment Buffy. ”Je connais ton aversion pour cette coutume, tu détestes qu’on mange au lit, à cause des miettes et des taches sur les draps.”

    Joyce soupira doucement et s’assit près de sa fille, qui commença à manger.

    ”Buffy, je sais que tu détestes cette journée et j’espérais que ça t’aiderait à surmonter ça.”

    ”Pas la peine de t’en faire, M’man, je ne compte pas sortir de la maison, ni même de mon lit aujourd’hui !” s”exclama la jeune fille.

    Joyce était désemparée face à cette situation.

    Tous les ans depuis qu’elle le connaissait, Buffy en voulait presque à Giles de lui avoir porté la poisse. Il avait prononcé des mots que personne ne devrait jamais dire, sous peine de s’attirer le mauvais oeil - et on savait à quel point Buffy pouvait être poissarde !

    Tous les ans, les propos tenus dans le passé par Giles lui revenaient en tête et Buffy en venait presque à détester son observateur - et pourtant, tout le monde savait à quel point elle l’aimait.

    ”Willow a appelé” dit Joyce.

    ”Je me doute” répondit Buffy, la bouche plein de pancake. ”Elle va vouloir me convaincre d’aller en cours.”

    ”Oui et je suis d’accord avec elle. Halloween c’est une fois la nuit tombée, le soleil brille encore pour quelques heures, tu sais !”

    Buffy marmonna quelque chose que sa mère ne saisit pas mais elle posa une main ferme sur le mollet de sa fille, qui dépassait de la couette, tout en se levant.

    ”Ecoutes, fais comme tu veux mais j’aimerais que tu ailles en cours, c’est important ça.”

    Une fois sa mère sortie de sa chambre et son petit-déjeuner achevé, Buffy s’allongea et fixa le plafond blanc au-dessus d’elle. Elle sentait qu’il se passerait quelque chose aujourd’hui, ce sentiment était presque palpable. Elle ne savait ni pourquoi ni comment, mais cette année serait différente des autres. Peut-être était-ce dû à ses pouvoirs de Tueuse, ou quelconque autre théorie de Giles à ce sujet.

    Après un bon moment à rêvasser, Buffy prit la décision courageuse d’affronter son destin… et Snyders ! A croire que c’était un suppôt de Satan envoyé sur Terre, par la Bouche de l’Enfer, afin de lui rendre la vie infernale ! 

    ***

    Comme prévu, la journée de Buffy se révéla être une véritable torture. Elle enchaina retard sur retard en cours, elle accumula donc les heures de colle et se rendit plusieurs copies blanches suite à des interros surprises, à cause du vacarme en classe…

    Elle n’avait plus d’argent de poche pour s’acheter à déjeuner et vu le menu de la cantine, elle décida de se passer de manger - Giles gardait toujours quelques pommes dans son bureau, elle irait lui en faucher une ou deux… Et Alex, tout comme Willow, refusa de la dépanner. Elle accumulait les dettes auprès de ses amis depuis trop longtemps pour qu’ils passent l’éponge plus longtemps.

    ”Quoi ? Mais c’est pas vrai ! Je vous rembourse toujours !” grommela Buffy.

    Willow lui jeta un regard qui voulait dire ”C’est ça ma vieille, cause toujours !” tandis que Cordelia avait carrément levé les yeux au ciel, empêchant ainsi Alex de rentrer dans le débat - et de ne surtout pas tomber dans le panneau. Car Alex devait garder son argent pour elle !

    Plus tard, dans la journée, Giles lui fit une leçon de morale sur sa négligence. Après son dernier entrainement, elle n’avait rien nettoyé ni même rangé les armes dans l’armoire.

    Une fois chez elle, elle se jeta sur son lit et attendit, la boule au ventre, que le soleil se couche, mais elle finit par s’endormir.

    ***

    ”Debout ma libellule !” 

    Buffy fronça les sourcils. Elle n’était pas encore bien réveillée mais elle avait une impression de déjà-vu. Elle grogna.

    ”Je sais ma chérie, mais sors de là, j’ai ton petit-déjeuner !”

    Buffy se découvrit le visage afin de regarder sa mère, tout en fronçant les sourcils.

    Joyce se tenait debout, à l’entrée de sa chambre, un plateau de petit-déjeuner en main.

    Buffy pensa qu’elle avait encore fait un de ses rêves prémonitoires. Pourtant, elle n’en avait pas fait depuis qu’elle avait tué le Maître, ce qui remontait à plusieurs années déjà.

    ”Maman, on est quel jour ?”

    ”Nous le sommes le 31, mon trésor” répondit Joyce, en déposant le plateau dans le lit de Buffy. ”Aller, mange vite. Willow a appelé et nous sommes tombées d’accord, tu devrais aller en cours aujourd’hui.”

    L’impression de déjà-vu se renforçait au fur et à mesure. Elle le dit à sa mère.

    ”C’est normal, nous avons cette conversation tous les ans, mais les négociations durent de plus en plus longtemps” soupira Joyce.

    Cette journée était la pire de l’année dans la maison des Summers et Joyce appréhendait de plus en plus cette date.

    Buffy essaya de chasser la drôle d’impression qui lui retournait l’estomac et elle dévora son petit-déjeuner.

    ”Aussi bon que celui d’hier !” 

    ”Je n’étais pas là hier, Buffy, j’étais à Chicago. Tu as mangé dans ton lit ? Tu sais que je déteste ça !” gronda doucement Joyce.

    Buffy fronça encore les sourcils puis déposa un baiser sonore sur la joue de sa mère, avant de s’habiller.

    La journée se passa à peu de chose près comme la précédente, à ceci près que Buffy réussit à éviter une interro surprise en ramenant le silence dans la salle de classe avant l’arrivée du professeur de littérature.

    Son ”rêve prémonitoire” n’y était pas étranger.

    Après les cours, Buffy rentra chez elle et s’allongea un peu sur son lit, en attendant la tombée de la nuit.

    ***

    ”Debout ma libellule !” 

    Buffy se redressa d’un bond dans son lit.

    ”ça, c’est bizarre !” 

    ”Oui je sais mon ange, mais une fois n’est pas coutume” dit Joyce, pensant que Buffy avait mentionné le plateau de petit-déjeuner. ”Aller, mange !”

    Buffy ne se fit pas prier et elle engloutit ce que sa mère avait préparé pour elle. Elle sauta dans ses vêtements et se rendit au lycée. Joyce fut agréablement surprise.

    Comme la veille, elle ramena la calme en classe et échappa ainsi à une interro surprise.

    Elle ne déjeuna pas car elle avait oublié son argent et Giles lui fit à nouveau la morale sur l’entretien des armes d’entrainement.

    ”Buffy ! Est-ce que tu m’écoutes au moins ?” gronda l’observateur, irrité.

    La jeune fille était perdue dans ses pensées. Elle essayait de se concentrer afin de se souvenir de ce qu’elle avait déjà vécu afin d’anticiper. Elle n’était pas du tout attentive au sermon de Giles, qu’elle avait déjà subi au moins deux fois ! 

    ”Hum ?”

    ”Buffy !”

    Giles jeta un regard interrogateur à Willow qui haussa les épaules en signe d’incompréhension. Elle aussi avait remarqué l’état pensif de son amie depuis la matinée mais ne se l’expliquait pas plus.

    ”Tu viens au Bronze ce soir ?” demanda d’un coup Cordelia.

    ”Non” répondit Buffy. 

    ”Tu ne veux pas voir Angel ?” demanda Willow.

    Buffy ramassa ses affaires et fit quelques pas vers la sortie, avant de se retourner vers son petit groupe.

    ”C’est Halloween, je m’enferme chez moi, vous le savez bien” ajouta-t-elle, irritée.

    Cette journée lui paraissait déjà interminable et le fait que ses amis ne comprennent pas son aversion pour Halloween l’irritait encore plus.

    ***

    ”Debout ma libellule !” 

    Là, Buffy ne pensait plus à un rêve prémonitoire. Elle venait de vivre au moins trois fois de suite la même journée, en boucle.

    Comment était-ce possible ? Que se passait-il cette année pour que cette journée horrible se répète sans cesse ? Comment allait-elle sortir de ce cercle infernal ?

    Elle avait l’impression d’être Bill Murray… 

    Comme la veille, elle ne se fit pas prier pour engloutir son petit-déjeuner et pour filer au lycée. Elle devait impérativement rejoindre les seules personnes capables de lui venir en aide : Giles et Willow.

    Cependant, ceux-ci n’étaient pas encore à la bibliothèque quand elle fit une entrée fracassante.

    Seul l’homme d’entretien sursauta à son arrivée. Il la dévisagea et reprit le cours de son ménage avant de repartir, l’air maussade.

    Buffy alluma un des ordinateurs et voulut entreprendre quelques recherches mais elle se trouva bientôt devant un problème : que mettre comme mot-clef dans la barre de recherche ?

    Elle tenta quelques trucs mais cela ne donna rien. Elle soupira puis partit en quête d’une pomme pour le déjeuner.

    Quelques minutes plus tard, Giles arriva avec un mug de thé brûlant tout en lisant le journal du matin. Il sursauta en trouvant Buffy, installée dans son fauteuil, les pieds sur le bureau.

    ”Buffy !” gronda-t-il et la jeune fille lui laissa la place.

    Giles posa ses affaires et demanda à sa jeune protégée :

    ”Que me vaut l’honneur de ta présence si matinale ?”

    ”J’ai un truc à vous demander.”

    ”Avant même le début des cours ? J’imagine que ça doit être important.”

    Buffy s’inclina devant son pragmatisme et son calme.

    ”Il semblerait que je revive la même journée encore et encore. Si j’ai bien compté - et on sait à quel point je suis nulle en math - j’en suis à trois.”

    Giles la dévisagea. Avec Buffy tout était possible mais il devait lui laisser le bénéfice du doute. Son instinct de chasseuse ne la trompait que très rarement et les rares fois où il avait décidé de ne pas l’écouter, ils avaient eu des ennuis. Son rôle en tant qu’observateur était de la former, de la guider et de lui faire confiance.

    ”Explique-toi” déclara-t-il, sobrement.

    ”Hé bien, la première journée a été une vraie catastrophe… en plus d’être incroyablement longue !” soupira l’étudiante. ”Je suis rentrée après les cours, à la tombée de la nuit et je me suis endormie. A mon réveil, nous étions encore le même jour. J’ai cru que j’avais fait un rêve prémonitoire, comme à l’époque du Maître, mais c’était trop précis.”

    Giles hochait la tête à intervalles réguliers mais il dévisagea Buffy quand elle mentionna son vieil ennemi. Il savait combien c’était douloureux pour elle de mentionner et même de penser au vieux vampire qui l’avait tuée.

    Notant son air horrifié, Buffy reprit son récit après une courte pause.

    ”Bref, le troisième matin, c’est devenu clair et ce matin, encore plus !”

    ”Ca fait quatre Buffy, pas trois.”

    ”Oui mais je ne compte pas la première journée. Si ?”

    Giles entreprit un nettoyage approfondi de ses lunettes, afin d’occuper ses doigts.

    ”Dites, est-ce que je compte la première journée ? Qu’en pensez-vous, Giles ?”

    L’observateur prit une grande inspiration et lui répondit :

    ”Je pense, Buffy, que ça n’a aucune importance. D’ici quelque temps, tu vas perdre le décompte des jours et ta vie va devenir un calvaire.”

    Buffy se laissa tomber dans le siège de Giles, face à son air grave. Il poursuivit.

    ”Tous les matins, tu vas devoir venir me trouver afin de m’expliquer la même chose, encore et encore. Tous les matins, on va chercher une solution mais tu imagines bien que je n’ai pas de solution miracle. Tous les matins, tu vas devoir m’aider et retenir nos progrès dans nos recherches sur ce phénomène.”

    Buffy n’avait pas réalisé qu’elle n’était pas au bout de ses peines.

    ”Mais Giles, je suis sûre que vous allez trouver une solution à ce problème dans un de vos bouquins ! A quoi ça sert d’en avoir autant si on n’y trouve rien d’utile !”

    ”Je vais aller en prendre quelques-uns sur les rayonnages et on va s’y mettre immédiatement.”

    Le regard de Buffy se posa sur le journal de Giles. Une bande de délinquants sévissait dans Sunnydale depuis quelques semaines et la police était tenue en échec. Les journalistes craignaient que la soirée d’Halloween ne tourne au cauchemar et que les récoltes de bonbons ne soient gâchées. Ils invitaient les parents de jeunes enfants à faire la tournée des maisons avant la tombée de la nuit, afin de limiter les risques. 

    Buffy savait lire entre les lignes. Cette bande n’était pas composée de jeunes ordinaires, elle avait compris qu’il s’agissait de démons : force surnaturelle, violence aggravée, grondements de bêtes féroces, déguisements et maquillages de monstres très réalistes, etc.

    ”Si tu avais des plans pour ce soir, je te conseille d’aller rendre ton déguisement” lui cria Giles de loin.

    Puis, une idée saugrenue germa dans la tête de la Tueuse : pourquoi ne pas profiter de cette boucle temporelle afin de s’amuser un peu ?

    ***

    Buffy passa un bon moment à fouiner dans une boutique de costume qu’elle et ses amis avaient passé au peigne fin et surveillé depuis son ouverture, quelques années auparavant. Ils avaient retenu la leçon, suite au mauvais tour joué par Ethan. En effet, pour son premier Halloween à Sunnydale, Buffy avait eu la surprise de prendre la personnalité de son costume, tout comme Alex et bon nombre d’habitants de la ville.

    Grâce à Willow et Giles, tout était rentré dans l’ordre : Buffy avait retrouvé la mémoire et quitté ses souliers de demoiselle de la Renaissance, et Alex avait rendu son treillis militaire pour redevenir un simple civil.

    ***

    Une bande de démons avait décidé de semer la terreur un peu avant la tombée de la nuit. Les petits groupes d’enfants faisaient des cibles faciles et attirèrent l’attention des démons.

    Alors que les cinq compères allaient passer à l’attaque, une jeune femme déguisée en Wonder Woman fit irruption devant eux. Elle prit la pause ”Linda Carter” : les poings sur les hanches, jambes écartées, sourire ultra brillant.

    Tout y était : le bustier rouge et le short bleu ultra-minimaliste, le diadème avec l’étoile rouge tenant la perruque brune, le lasso, les bottes  rouges et blanches ainsi que les bracelets de force dorés.

    "Alors, les vilains garçons, on cherche un peu d'action ?" demanda Buffy, d'une voix assurée et légèrement provocatrice.

    Les démons se jetèrent des coups d'oeil complices et entendus. Ils pensaient avoir affaire à une jeune idiote. Encore une humaine qui prenait ses désirs d'Halloween pour des réalités.

    Le petit groupe se déplaça pour encercler la petite brunette. Elle ne sembla pas impressionnée, ce qui surprit les démons. Leur tactique d'intimidation était habituellement efficace. Ils humèrent l'air mais ne sentirent pas la peur émaner de cette étrange fille.

    Le chef du groupe lui lança :

    "Tu ne sais pas à qui tu t'adresses, fillette !"

    La jeune fille éclata de rire, ce qui arracha un grondement au démon. Il n'aimait pas qu'on lui tienne tête.

    "Je voulais te laisser la vie sauve, mais ton comportement me pousse à réviser ma décision."

    Buffy soupira assez fort pour être entendue des démons et coupa leur chef dans son élan, alors qu'il s'apprêtait à reprendre la parole.

    "On se bat maintenant ou tu comptes essayer de m'endormir avec tes discours ?"

    Le démon, vexé, se jeta sur la jeune fille. Elle avait anticipé son attaque et avait déjà préparé sa défense. Le combat se révéla être plus rude que prévu.

    Les démons étaient forts, malgré leur apparence juvénile. Pendant l’affrontement, leur véritable nature refit surface : des cornes sortirent de leur front, leur peau vira au rouge cramoisi, leurs doigts se transformèrent en griffes et Buffy apprit à ses dépens que leur force surhumaine dépassait la sienne.

    Alors que ses adversaires étaient au sol, elle entendit un bruit derrière elle. Le temps de se retourner, le chef du groupe de démon reprit conscience et attaqua une famille.

    La bouche pleine de sang, le démon jeta un regard à la fois mauvais et triomphant à la Tueuse.

    Buffy hurla d’effroi. Elle se sentait coupable et impuissante face au drame. Le démon prit la fuite et Buffy, prise de violents sanglots, glissa à terre.

    ***

    ”Debout ma libellule !” 

    Buffy se redressa en sursaut dans son lit. 

    La journée avait de nouveau commencé. Et elle décida de ne pas quitter son lit. Si la journée recommençait, elle pouvait bien s’accorder une pause.

    Malgré les supplications de sa mère, la jeune fille ne bougea et ne toucha pas à son petit-déjeuner.

    Giles passa au domicile des Summers, suite à l’appel à l’aide de Joyce.

    ”Je suis vraiment inquiète. Elle a refusé de bouger et de s’alimenter. Je l’ai entendu pleurer en disant que tout était de sa faute.”

    L’observateur posa une main amicale sur l’épaule de Joyce. Puis il la quitta afin de rejoindre Buffy et essayer de comprendre ce qui lui arrivait.

    Bien sûr, Giles se heurta à un mur. Buffy ne voulut pas lui parler et il quitta la maison une heure plus tard, après un long monologue sur le sens de la vie.

    La journée arriva à son terme et Buffy accueilli avec soulagement la nouvelle journée.

    ***

    ”Debout ma libellule !” 

    Joyce trouva sa fille levée et habillée avant son arrivée.

    ”Salut M’man !” dit sa fille bien-aimée, en attrapant son jus d’orange au vol, sur le plateau de sa mère. ”Hum, délicieux ce jus, merci !”

    ”Que me vaut cet honneur ?” 

    ”Je me suis dit qu’il était temps d’affronter mes peurs et ma phobie d’Halloween. Ce n’est pas en restant au lit que je vais sauver cette famille !”

    Buffy parlait à voix haute, plus pour elle que pour le bénéfice de sa mère. Cette dernière était bien entendu ignorante des mésaventures de sa fille avec la bande de démons, plusieurs jours de suite et avec de nombreux dénouements.

    ”J’approuve cet état d’esprit positif et…”

    Mais Joyce n’eut pas le temps de terminer sa phrase que Buffy déposait déjà un baiser sur sa joue et quittait leur domicile d’un pas léger.

    C'est une Buffy toute guillerette qui entra dans la bibliothèque.

    "Où étais-tu ?" demanda Willow, l'air inquiet.

    "Je suis allée faire les boutiques !"

    "Sans MOI ?" s'écria Cordelia, avant de se rendre compte qu'elle s'en fichait en réalité.

    Buffy étala ses costumes sur une des tables de travail, où étaient installés ses amis. Elle avait choisi plusieurs modèles et avait besoin de l'avis de ses amis.

    "Mais qu'est-ce que..." dit Giles, en arrivant.

    Il ôta ses lunettes et massa l'arête de son nez. Dieu qu'il était las parfois, cette jeune fille l'épuisait !

    Buffy se décida à expliquer à tout le monde, puisqu'ils étaient tous réunis, ce qui lui arrivait.

    Ils l'écoutaient, bouche bée. Ils la croyaient, même si cela paraissait impossible. La jeune fille y était habituée, puisque l'histoire se répétait depuis un bon moment.

    "Tu veux dire que ta journée se répète ?" demanda Giles, pour être sûr d'avoir bien compris.

    "Oui et j'ai déjà combattu ce groupe de démons de nombreuses fois. J'ai été assez triste quand ils ont attaqué la famille pour la première fois mais j'ai ensuite réalisé que ça devait être ça ma mission : les sauver !"

    "Tu penses vraiment que c'est la raison de l'éternel recommencement ?" demanda Giles, sceptique.

    Buffy étudia la question et hocha la tête, visiblement sûre d'elle.

    "Je ne vois pas ce que ça pourrait être d'autre ! Et c’est vous qui m’avez parlé de ça, un jour mais je ne sais plus lequel !”

    Alex se décida à intervenir : 

    "Et les costumes, c'est pour quoi faire au juste ?"

    "Au début, j'ai fait ça pour m'amuser mais tu m'as convaincu que si j'étais déguisée, je passerais plus facilement inaperçue. De plus, mon identité serait préservée si l'histoire venait à se répandre. Et c'est rigolo de se déguiser !"

    Alex gonfla le torse, de fierté.

    "Mais au fait, Buffy, combien de journées as-tu déjà vécu ?" demanda Giles, intrigué.

    "Comme vous l'aviez prédit, j'ai perdu le compte au bout d'un moment."

    "Quand ai-je dis cela ?"

    "Au troisième ou quatrième jour, je crois."

    "C'était il y a longtemps ?"

    "Il y a une éternité, j'ai l'impression" soupira la Tueuse, puis elle reprit le cours de ses essayages de costumes.

    ***

    Alors que Buffy avait arrêté son choix de costume, pour ce qui serait, elle l'espérait, la dernière soirée de la boucle, elle croisa Angel à la sortie de son domicile.

    "Buffy ?" demanda le vampire, surpris. "C'est bien toi ?"

    Il déglutit avec peine, tant la jeune fille - femme serait plus juste ici -  était sexy et sensuelle dans sa combinaison noire de catwoman.

    "Oui, pourquoi ?" 

    Buffy souriait intérieurement de la mine de son petit ami. Si elle y avait pensé plus tôt, Buffy aurait sans doute tenté de passer du bon temps avec Angel mais elle avait été perturbée par cette boucle. Ensuite, son attention s'était portée sur les démons. Sans oublier que la journée avait souvent recommencé quand Buffy s'était endormie, plus ou moins tôt.

    "Où vas-tu ?" demanda le vampire, en emboitant le pas à Buffy.

    Angel essayait de ne pas fixer sa compagne mais le cuir cousu près du corps le déconcentrait.

    "Je vais combattre un groupe de démon puis j'essaierais de passer une bonne soirée."

    "Pour Halloween ? Mais tu détestes ça !"

    "Je sais, mais cette année, ça va être différent" répondit Buffy, un air malicieux sur le visage.

    "Willow m'a appelé" déclara Angel, après un long silence. "Elle dit que tu as affronté ce groupe plusieurs jours de suite, sans succès."

    "C'est vrai et j'espère bien les battre ce soir."

    "Et pourquoi n'as-tu pas appelé plus tôt ?"

    Buffy ne répondit rien et bientôt, ils arrivèrent à destination.

    ***

    La Tueuse de vampires savait qu'elle aurait dû faire appel à son Grand Amour depuis longtemps.

    A eux deux, ils étaient venus à bout du groupe de démons. Cela n'avait pas été une partie de plaisir, mais Buffy se sentait toujours plus forte avec Angel à ses côtés.

    Une fois les démons morts, les amoureux s'étaient assis dans l'herbe et profitaient du calme du parc, proche du cimetière.

    Il n'y avait aucun silence gêné entre eux, ils pouvaient passer des heures côte à côte sans que cela soit étrange.

    Buffy repensait à sa drôle d'aventure et à combien Angel lui avait manqué, ce qui était ironique puisqu'il n'avait jamais été loin et qu'elle aurait pu également le voir tous les soirs, à la tombée de la nuit, comme aujourd’hui.

    Pourtant, elle avait soigneusement évité de penser à lui. Comme il aurait été simple de s'introduire en journée, à son domicile, pendant son repos diurne. Mais elle savait combien il était risqué de se laisser aller. C'était cet abandon de soi et le bonheur d'être à deux qui avait failli les conduire au désastre. Angel en était mort et malgré tout, il était revenu d'entre les morts et Buffy refusait de le perdre à nouveau.

    Alors qu'elle était près de lui, Buffy posa sa tête sur son épaule et Angel passa un bras autour d'elle.

    "Tu n'as rien tenté, les autres jours ?" demanda Angel, curieux.

    Comprenant où il voulait en venir, Buffy lui répondit honnêtement que non.

    "Pourquoi ?"

    "Parce que je n'aurais pas été capable de sortir de ce cycle infernal. Imagine un peu, pouvoir passer du temps rien qu'avec toi, à faire... ce qu'on veut."

    Angel ne pouvait qu'être d'accord avec elle.

    Le couple resta assis et attendit qu'une nouvelle journée ne recommence.

    ***

    Les premiers rayons de soleil n'allaient pas tarder à percer et Angel se leva pour aller se mettre à l'abri.

    Buffy sembla surprise de ne pas se réveiller dans son lit et en fit la remarque à Angel.

    "Tu as dû réussir à inverser les effets maléfiques du mauvais sort."

    "Le groupe démon ?"

    "Ou alors, ta capacité à résister à la tentation."

    C'était aussi à cette déduction que Buffy était arrivée au cours de la nuit.

    Ils marchèrent en silence mais rapidement vers la maison de Buffy. Angel accompagna sa chère et tendre dans sa chambre et ils se couchèrent pour prendre un peu de repos.

    Puis, une nouvelle journée inédite commença. Le 1er novembre arriva enfin et l'équilibre des forces fut rétabli : Buffy avait été forte et avait résisté à la tentation. Mais plus important, elle avait vaincu sa phobie d’Halloween.

    FIN

     

     


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