• Chapitre 16 - La forêt

    Jack O'Neill essayait de ne pas laisser son esprit s'égarer, alors qu'il marchait depuis des heures en direction de la Montagne. Il ne devait pas - ne pouvait pas - penser à Sam Carter. Sa mission, celle qu'il s'était confié, devait le guider vers elle, devait la sauver. Il avait toujours pensé que les prophéties et autres prédictions étaient des tours de passe-passe, des tours inventés par quelques charlatans. Cependant, il était prêt à tout pour sauver Carter.

    Il devait admettre, maintenant et avec le recul, que c'était une idée vraiment stupide de partir comme ça, sans autre information que "traverser seul les épreuves le séparant de la Montagne Bleue afin d'y trouver les réponses à ses questions." C'était carrément aberrant, même pour lui. Mais il était parti et il était hors de question de faire demi-tour maintenant. Il était bien décidé à trouver un appareil Goa'uld, ou de n'importe quelle autre race, lui permettant de la sauver.

    Alors que jusque-là, il marchait sur dans une plaine dégagée, au relief plat, le décor changea peu à peu. De petites roches apparaissaient et Jack devait surveiller où il mettait les pieds pour ne pas buter sur un caillou. Au loin, il entendit le bruit familier d'un cours d'eau. Il termina sa dernière gourde et espéra pouvoir remplir les deux dans peu de temps. Il s'était rationné mais le soleil chauffait encore et sa marche de plusieurs heures l'avait fait transpirer.

    Il arriva au petit ruisseau peu après et remplit ses gourdes. Il but autant qu'il put avant d'en remplir une à nouveau. Au-delà du ruisseau, il voyait une épaisse forêt. Il savait qu'il devrait la traverser pour atteindre le pied de la Montagne mais il ignorait combien de temps ça pouvait lui prendre. Il prit sa boussole et décida de s'orienter vers un point qui semblait dégagé. Il savait d'expérience que traverser une forêt n'était pas si simple qu'on le pensait. On pouvait se perdre rapidement et quitter la direction qu'on s'était fixé initialement - alors qu'on pensait aller tout droit. Il devait être prudent et regarder très souvent sa boussole pour corriger sa trajectoire.

    Il était lourdement chargé et aurait souhaité avoir moins de poids sur le dos mais il était parfaitement conscient que sa survie et la réussite de sa mission reposait sur le matériel dont il disposait.

    Après encore une marche compliquée dans un environnement hostile - la forêt était épaisse et humide - Jack trouva un endroit dégagé pour passer la nuit. Il avait une tente fournie par le SGC et l'installa rapidement. Il fit un feu avec du petit bois qu'il avait collecté sur le chemin. Une fois débarrassé de son lourd sac à dos, il s'assit sur un bout de bois et apprécia le repos bien mérité. Jack fit réchauffer un plat pris dans ses rations et le dégusta. Malgré le goût discutable, il appréciait le côté chaud et bourratif. Il mit autant de bois que possible dans le feu pour le garder en vie jusqu'au matin. Il n'aurait pas besoin d'utiliser une autre allumette pour le café, de plus, ça éloignerait les bêtes sauvages.

    Le lendemain matin, Jack se réveilla aux premières lueurs du jour. L'intérieur de la tente était humide, tout comme ses vêtements. Son sac de couchage l'avait préservé du froid mais remettre une tenue presque mouillée n'avait rien d'agréable. Il décida de raviver son feu et de mettre son treillis au plus près pour assécher le tissu. Il garda son sac de couchage autour de ses épaules le temps de boire son café et de manger quelque chose, pour prendre des forces. Il avait plutôt bien dormi si on considérait qu'il avait été sur ses gardes mais la nuit avait été calme. Son esprit s'était égaré et il avait rêvé de sa première mission sur Abydos, de sa première rencontre avec Sam Carter... Il était encore dans sa rêverie quand il entendit un bruit près de lui. Par réflexe, il attrapa son Beretta, plus proche que le P90. Il attendit mais aucune bête ne se montra. Jugeant que ses vêtements étaient assez secs, il s'habilla, éteignit son feu et remballa ses affaires pour se remettre en chemin.

    Jack vérifia encore sa trajectoire grâce à sa boussole et à la course du soleil, à peine visible cependant à travers la canopée. Malgré lui, son esprit se tournait invariablement vers la Tau'ri, vers Sam. Après des années passées à ses côtés, il devait admettre qu'il tenait toujours beaucoup plus à elle que ne le tolérait le règlement. Mais ça, il s'en fichait. Ce qui l'inquiétait à présent - en dehors du fait qu'il risquait de la perdre - c'était cette étrange sensation dans sa poitrine quand il était loin d'elle. Quand il était avec elle tout le temps, il ne pouvait pas la toucher mais sa proximité était rassurante. Il pouvait la voir, sentir son parfum et celui de son shampoing sur ses courts cheveux blonds. Il admirait son visage et ses sourcils froncés quand elle travaillait sur un projet compliqué. Il adorait la voir sourire, surtout quand ça s'adressait à lui. Mais, quand elle n'était pas à ses côtés, il était systématiquement perdu, comme s'il lui manquait un élément important, presque comme s'il était incapable de respirer seul. C'était ce sentiment d'abandon qui lui faisait peur. Il était un homme adulte dans la force de l'âge et indépendant depuis assez longtemps pour savoir vivre tout seul. Cette insécurité ne lui était pas familière car il arrivait rarement que Carter ne soit pas en train de graviter autour de lui.

    Il continua son chemin dans la forêt en se demandant à quoi pourrait bien ressembler sa vie sans Carter pour l'illuminer - mais il se demandait aussi à quoi elle pourrait ressembler si Sam était plus proche de lui pour la réchauffer...


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  • Chapitre 17 - Jalousie

    Au SGC, Janet essayait de limiter les heures de travail de son amie Sam car même si son état s'était un peu amélioré depuis son arrivée, ça n'était pas encore brillant.

    Mais la jeune femme était têtue et voulait coute que coute trouver un moyen de sauver son nouvel ami. Les deux scientifiques semblaient avoir trouvé leur âme soeur intellectuelle en l'autre. Même Daniel était jaloux, car même si le coeur de Sam battait pour Jack, il était considéré comme son frère au niveau intellectuel. Là, il était relégué au second plan. Il avait l'impression d'être revenu à la fac et de servir d'assistant aux brillants scientifiques qu'il voulait impressionner avec ses théories et son travail.

    Janet sembla remarquer son trouble et décida de lui parler un peu.

    "Daniel, est-ce que tout va bien, tu sembles soucieux ?"

    "Oui, Janet, je te remercie" répondit Daniel avec un faible sourire, alors qu'il s'asseyait au mess, face à elle.

    "Et sinon, tu veux bien arrêter de me mentir ?"

    Daniel leva les yeux de sa tasse de café et plongea dans le regard brun et chaud de son amie. Elle lui souriait pour l'inviter à parler.

    "Tu sais à quel point j'aime notre petite équipe."

    "Oui je sais, vous êtes tous les quatre dans le même cas, c'est ce qui fait sûrement de vous la meilleure des équipes SG !"

    "Hum, sans doute, je ne sais pas. Mais de toute façon, là n'est pas le problème..."

    "Tu te sens relégué au second plan ?"

    "Oui" avoua un peu honteusement Daniel.

    "Ecoute-moi bien" commença Janet, sérieusement. "Sam t'aime comme un frère, même plus que Mark mais là, c'est sa vie qui est en jeu. Elle travaille jusqu'à l'épuisement avec le Docteur Beckett pour qu'ils trouvent une solution à leur problème. C'est en dehors de nos capacités."

    "J'avoue que je n'avais pas vu les choses comme ça."

    "Daniel, tu es un garçon brillant mais pas dans les mêmes domaines. Tu sais parler 23 langues mais Sam peut réciter le tableau périodique des éléments dans son sommeil. Tu sais sans doute beaucoup de choses sur les cultures étrangères et l'Histoire mais Sam sait comment fonctionne la Porte, les vortex et les supraconducteurs..."

    "C'est vrai que j'ignore même ce qu'est un supraconducteur..."

    Janet sourit doucement.

    "Ce qui te gêne, c'est que tu penses qu'elle n'a pas besoin de toi mais je t'assure que c'est faux."

    Janet posa sa main sur l'avant-bras de Daniel et celui-ci lui sourit. L'alarme de la base retentit et les deux docteurs furent appelés peu après en salle de briefing.

    Quand les Docteurs Fraiser et Jackson se présentèrent, ils trouvèrent le Général Hammond, SG3 au grand complet et seulement Teal'c.

    "Où est Jack ?" demanda Daniel, en s'asseyant près de son ami.

    "Il a décidé de partir accomplir une sorte de prophétie !" gronda le Général.

    Daniel ouvrit de grands yeux, il retira ses lunettes, se frotta les yeux.

    "Je vous demande pardon ?"

    Daniel chaussa à nouveau ses lunettes après les avoir essuyées avec son t-shirt.

    "Le Colonel O'Neill a entendu une prophétie, racontée par un des anciens du village : "Un étranger venant d'une planète lointaine viendra demander un jour l'assistance de Cronos. L'étranger devra traverser seul les épreuves le séparant de la Montagne Bleue afin d'y trouver les réponses à ses questions." Donc, il est parti seul en quête de réponse" déclara Teal'c.

    "C'est du délire !"

    "Je suis d'accord Docteur Jackson !" déclara Hammond.

    "On devrait aller le chercher !"

    "Il a refusé mon assistance, Daniel Jackson."

    Daniel était sans voix, il avait du mal à comprendre ce qui avait poussé Jack à partir seul à l'aventure puis Sam Beckett - sous la forme de Carter - entra en salle de briefing et Daniel comprit. Il était parti pour la sauver, les sauver tous les deux. Il était aveuglé par ses sentiments et risquait sa vie pour une hypothétique chance pour la survie de leur amie.

    "Docteur Jackson, avez-vous pu traduire ce que vous aviez promis ?" demanda Sam. Alors Daniel se leva pour lui faire face.

    "Non ! Non je n'ai pas eu le temps parce que je n'ai pas dormi depuis trois jours ! Et là, un nouveau problème vient d'arriver alors non ! Et puis, si vous êtes si intelligent, Docteur Beckett je vous invite à utiliser "Le petit Champollion pour les Nuls" et traduire ça vous-même !"

    "Docteur Jackson !" s'indigna le Général, peu habitué aux mouvements d'humeur de l'archéologue. Il s'emportait certes mais rarement à de telles extrémités.

    Daniel se tourna vers le commandant de la base et demanda à quitter la pièce. Hammond l'y autorisa et il partit au pas de course. Janet esquiva un mouvement, se ravisa mais quand le Général lui désigna la porte avec un signe de tête, elle courut après Daniel.

    L'archéologue bouscula presque Jacob dans le couloir.

    "Daniel ?" demanda l'homme, inquiet.

    "Pas maintenant, Jacob !" dit Daniel en reprenant son chemin.

    Janet le salua brièvement, tout en courant après l'archéologue. Jacob secoua doucement la tête et continua son chemin la salle de briefing. Quand il entra, Teal'c expliquait que la planète avait au préalable été contrôlée par Cronos, ce qui avait fait dire au Colonel O'Neill qu'il devait sans doute y avoir un appareil capable d'aider le Major Carter.

    "Dans quels ennuis est-il encore allé se fourrer Jack ?" demanda Jacob. "Et quel est le problème du Docteur Jackson ?"

    "Je suis en partie responsable pour Daniel" avoua Sam Beckett. "Je ne savais pas que son ami avait été porté disparu et je lui ai mis la pression sur les traductions. Il est inquiet et stressé aussi."

    "Il va s'en remettre mais il tient autant à Jack qu'à ma fille et l'idée de les perdre doit lui être intolérable."

    "J'imagine oui."

    La tension dans l'air était palpable et Hammond se tourna vers son ami.

    "Tu y vas ou j'y vais ?"

    "Où ?" demanda Sam, perdu.

    Jacob se tourna vers lui et lui répondit tristement : "annoncer à ma fille que le Colonel est parti seul en mission."


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  • Chapitre 18 - Le désert

    Jack O'Neill avait marché une bonne partie de la matinée et avait fini par quitter la forêt dense. Il avait bu autant que possible dans différents points d'eau et crut qu'il hallucinait quand une étendue désertique s'offrit à lui.

    Le soleil était haut dans le ciel et Jack profita de la fraîcheur de la forêt pour se reposer et manger un peu avant de traverser le désert devant lui. Il voyait toujours la Montagne au loin mais la distance ne semblait pas avoir réduit depuis la veille.

    Etait-ce cela que le vieil homme avait sous-entendu en parlant des épreuves pour rejoindre la Montagne ? Devait-il traverser des étendues aussi arides qu'inhospitalières afin d'arriver à son but ?

    Il estima la distance et calcula qu'au mieux, il lui faudrait trois jours pour atteindre l'autre côté. Il aurait dû marcher de nuit mais les chances de tomber quelque part et de se tuer étaient trop fortes, il ne voulait pas prendre ce risque. Il ôta sa veste, l'accrocha à son sac et entama sa route.

    Jack sentait le soleil lui brûler la nuque et se félicita de toujours avoir avec lui sa casquette et ses lunettes de soleil sinon, il aurait risqué l'insolation. Il s'était rationné en eau mais il transpirait beaucoup. Quand le soleil se décida à décliner, après ce qui avait semblé des siècles à Jack, il marcha encore un peu pour ne pas perdre trop de temps.

    Plus tard, quand le temps se fit plus frais, il monta son camp et démarra un feu. Le désert était traitre et Jack ne le savait que trop bien. Il avait eu la malchance en Irak de l'apprendre à ses dépens. Les zones désertiques avaient le terrible inconvénient d'être dépourvues de nuages, ce qui empêchait la chaleur de la journée de rester la nuit. Tout le bénéfice s'évaporait faisant tomber les températures nocturnes sous zéro parfois. Quand il s'était écrasé et cassé la jambe, bien des années avant, et quand il avait compris que les secours ne viendraient pas pour lui, il s'était déplacé tant bien que mal. Il avait gardé la toile de parachute et l'avait porté, malgré le poids. Quand la nuit était tombée, il s'en était servi de sac de couchage, empêchant ainsi sa chaleur corporelle de s'échapper. Il n'avait pas pu faire de feu les deux premières nuits mais par la suite, il avait trouvé des cactus qui lui avaient permis de s'hydrater et un peu de bois pour faire un feu. C'était ce qui lui avait permis de tenir dans le désert et de survivre jusqu'à ce qu'il trouve des Marines patrouillant non loin de sa position.

    Ce soir-là, son problème était tout autre. Il ne pouvait pas planter les piquets de sa tente car le sol était trop dur. Il fit un feu avec ce qui lui restait du petit bois ramassé dans la forêt et mangea une de ses rations. La journée lui avait paru longue mais il se doutait que le chemin à parcourir le serait encore plus. Pour lui, le pire était de ne pas connaitre l'état de santé de Carter. Il n'avait aucune nouvelle et sa radio restait silencieuse. Ceci dit, il valait sans doute mieux car il se doutait que le Général devait être furieux et qu'il se ferait sévèrement remonter les bretelles à son retour. Mais ça aussi, ça lui importait peu s'il rentrait avec de quoi aider son second et à la limite, s'il se faisait jeter de l'armée, ça l'arrangerait presque.

    Jack plia sa tente et la déposa au sol, pour faire une couche supplémentaire entre lui et le sol. Il s'installa dans son sac de couchage et s'endormit.

    Jack avait mal au crâne le lendemain quand le soleil commença à réchauffer l'atmosphère. Il n'avait plus d'eau et c'était le premier signe de déshydratation. L'eau contenue dans les rations n'était pas suffisante et son corps réclamait plus. Cependant, il n'avait rien de plus à lui donner. Il mangea pour garder ses forces et se mit en chemin. Cette seconde journée se passa comme la première, à ceci près que l'absence d'eau se faisait sentir de plus en plus. Jack repéra plus loin une construction abandonnée et décida d'y attendre que le soleil décline un peu. Moins il transpirait, moins il se déshydratait. Il y avait peu d'ombre dans le marabout car le soleil était au zénith mais il y en avait assez pour Jack. Il s'installa dos au mur frais et joua un moment avec son yoyo. Ca l'avait presque hypnotisé, son cerveau refusant de fonctionner. Ca lui évitait surtout de penser à Carter.

    Il s'était assoupi car sa nuque le faisait souffrir quand il se réveilla un peu plus tard. Le soleil avait tourné et l'ombre était plus grande. La tentation de rester là était grande mais cette fois, son cerveau lui rappela qu'il avait une femme à sauver et sa volonté l'aida à se remettre debout et à poursuivre son chemin.

    A l'aube du troisième jour, Jack s'était mis en route avant lever du soleil pour marcher au frais. Il crut rêver quand il entendit le bruit de l'eau. Il stoppa sa marche pour écouter attentivement et ses soupçons se confirmèrent : il était près d'un fleuve ou d'une rivière car le débit semblait fort et régulier. Il hâta le pas et cria de joie en trouvant de l'eau. Il retira tous ses vêtements et profita d'une petite crique pour se baigner, rafraichissant son corps meurtri. Il but autant que possible puis il sortit de l'eau, démarra un feu et lava ensuite ses vêtements, qu'il fit sécher près du feu. L'abondance d'eau et son bain frais lui avaient redonné le moral et du baume au coeur. Il se sentait plus prêt que jamais de mener sa mission à bien. Les bûches qui étaient près de l'eau donnaient une drôle de couleur au feu et Jack se laissa bercer par cette vision.


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  • Chapitre 19 - Mauvaise nouvelle

    Jacob Carter avait décidé d'annoncer lui-même à sa fille la terrible nouvelle concernant le Colonel O'Neill. Il avait fait fermer la galerie et éteindre les caméras. Il ne voulait que personne, pas même son vieil ami George ne soit témoin de cette scène, qu'il savait pénible d'avance.

    Sam lisait des notes dans un rapport que lui avait remis Daniel la veille et son visage s'éclaira d'un sourire quand elle reconnut son père.

    "Papa ! Comment ça va ?"

    "Sam, je dois te parler" dit Jacob, la mine sombre en prenant un tabouret et s'installant près d'elle. Il attrapa une de ses mains et la serra fort.

    "Papa ?" demanda-t-elle, inquiète.

    "George a envoyé Jack et Teal'c pour aider SG3 et nos alliés."

    La mine de Sam s'assombrit.

    "Oui je sais, Daniel me l'a dit."

    "Ce que tu ignores c'est que le Général l'a envoyé loin pour ne pas avoir à lui parler de ton état, qui est toujours très préoccupant."

    "Je l'ignorais. Mais tout va bien, car ils sont rentrés, j'ai entendu les infirmières en parler dans le couloir."

    Jacob déposa un baiser sur la main de Sam.

    "Mon ange, Jack a entendu parler d'une prophétie et il a décidé d'aller lui-même vérifier si elle était juste. Il a quitté le village, interdisant à Teal'c de le suivre. Il est persuadé que c'est la solution à ton problème."

    Sam dégagea sa main et décida de soulever les draps. Visiblement, elle voulait se lever.

    "Sam, où vas-tu ?"

    "Je vais le chercher !"

    "Non, tu n'iras nulle part dans cet état. Tu tiens à peine debout, tu crois que ça serait lui rendre service ?"

    Sam stoppa sa tentative pour quitter son lit.

    "Je ne comprends pas."

    "Jack est parti pour trouver une solution et toi, tu vas faire quoi ? Te tuer à la tâche, sans lui laisser une chance de t'aider ? Si tu meurs avant son retour, il aura fait tout ça pour rien."

    Sam se rallongea et porta les mains à son visage. Les larmes coulèrent en silence avant que Jacob n'attrape sa fille pour la serrer contre lui. Le corps qu'il était habitué à tenir si près était plus menu que celui du Docteur Beckett, malgré la grande taille de Sam. Il caressa les cheveux poivre et sel tout en berçant ce corps massif. Pour un observateur extérieur et dans d'autres circonstances, Jacob se dit que la scène devait avoir quelque chose d'irréel. Un homme de cinquante ans pleurant à chaudes larmes dans les bras d'un Tok'ra...

    Peu à peu, les larmes laissèrent place à la colère.

    "Mais il est... il est... je ne trouve même pas les mots ! Tu te rends compte de ce qu'il fait ! Il me laisse là, il devrait être près de moi, à m'aider à trouver une solution au lieu de battre la campagne à la recherche d'on ne sait quoi !"

    "Sam, il t'aide, à sa manière. Que voulais-tu qu'il fasse ? Qu'il reste ici et aide Daniel à traduire des textes en latin ?"

    "Il l'a déjà fait et d'ailleurs, je suis sûre qu'il se souvient encore de ce qu'il a appris dans la boucle temporelle avec Teal'c."

    "Mais je croyais qu'ils avaient joué au golf ?"

    "Oui, entre autres choses. »

    Sam se calma un peu au contact rassurant de son père. Elle était inquiète mais Jacob avait raison, elle n'irait nulle part dans cet état. Le corps faiblissait bien plus qu'elle n'osait l'avouer à Janet. Celle-ci arriva bientôt et Jacob lui jeta un regard entendu. Janet lui injecta un léger sédatif dans sa perfusion pour la forcer au calme et au repos.

    Quand ils quittèrent la pièce, ils trouvèrent SG1, Donna, Al et Hammond dans le couloir.

    "Alors ?" demanda Hammond.

    "Comme prévu, elle voulait partir le chercher."

    Les trois personnes qui les connaissaient moins ignoraient quels liens unissaient le Colonel et le Major, même si Sam Beckett avait eu un aperçu, il ignorait pourtant la profondeur de leur attachement. Et leurs amis pouvaient lire ces interrogations sur leurs visages.

    "Ca leur est arrivé d'être séparés quand l'un ou l'autre avait disparu en mission et en général, mieux vaut ne pas être dans le passage quand ils se décident à aller retrouver l'autre" dit doucement Jacob.

    Le Général sourit d'un air entendu, se rappelant les scènes que ça donnait ainsi que les états de stress de ses hommes dans ces cas-là.

    "Que peut-on faire pour les aider ?" demanda Sam Beckett.

    "Pas grand chose pour le moment, j'en ai peur" dit Janet.

    "Teal'c a rapporté des textes prêtés par l'Ancien du village, afin d'en apprendre un peu plus sur l'histoire de la planète, mais j'avoue que si on pouvait aller sur place afin de -" commença Daniel, avant d'être coupé par Hammond.

    "Allez-y ! Essayez d'en savoir plus sur ce que le Colonel O'Neill est parti chercher, on verra si ça aide le Major Carter !"

    En salle d'embarquement, Sam retrouva SG1 et Donna le prit par le bras.

    "Où vas-tu ?"

    "Je fais partie de cette équipe, je dois aller avec eux pour essayer de les aider !"

    "Reste ici et aide-nous !" implora Donna.

    "Donna, ma chérie ! Tu sais que je t'aime mais je ne peux pas assister impuissant à la mort de Carter. Je ne peux pas séparer un couple à cause des choix que j'ai fait. Ils n'ont rien demandé."

    "Ils ne sont pas un couple !" plaida Donna.

    Sam caressa le visage de sa femme, avec les doigts délicats de Carter.

    "Et quoi ? Je reste pour toujours dans ce corps, en sachant que deux personnes qui s'aimaient n'ont pas eu la chance de pouvoir rester ensemble parce que j'ai choisi de rentrer un jour dans ma machine ?"

    Donna reconnu que c'était injuste et elle le regarda se mettre à côté de ses équipiers, attendant l'ouverture du vortex.


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  • Chapitre 20 - La rivière

    La soif de la veille et l'épuisement avaient eu raison du Colonel O'Neill et c'est assez tardivement qu'il se réveilla le lendemain matin. L'endroit était calme et il n'avait pas vu beaucoup d'animaux dans la région.

    Après un café bien mérité, il rangea ses affaires. Cependant, la petite crique qui avait été salutaire cachait une rivière. Jack en ignorait la profondeur mais il se doutait que ça devait être important car elle était très large.

    Partout où il regardait, Jack ne voyait que la rivière, aucun pont n'avait été construit et aucun arbre ne s'était effondré en travers des deux rives. Son seul moyen de traverser pour atteindre l'autre côté était la nage.

    Il déposa son sac au sol et emballa dans la tente et le sac de couchage tout ce qui était fragile ou peu protégé. Il rangea sa casquette également, pour ne pas la perdre et ne garda comme vêtement que son caleçon. Il espérait que le reste serait épargné et qu'il aurait du linge sec à se mettre sur le dos une fois la rivière franchie.

    Il s'enfonça doucement jusqu'à la taille et se remémora la phrase que la brillante Sam Carter avait eue un jour : "Ce n'est pas parce que mes organes reproducteurs sont à l'intérieur de mon corps, que ça veut dire que je vous suis inférieure !" Si seulement ses organes reproducteurs aussi étaient à l'intérieur, Jack était sûr qu'il aurait sûrement moins froid. A la réflexion, c'était un avantage, Sam Carter lui était nettement supérieure dans ce cas précis... D'ailleurs, plus il s'enfonçait dans l'eau, plus il était persuadé que ses attributs masculins allaient bientôt rentrer se mettre au chaud dans son ventre...

    Alors qu'il ne pouvait plus marcher, Jack commença à nager mais fut emporté par le courant. Il se laissa faire, ne luttant pas car il savait qu'il s'épuiserait pour rien. Il essayait juste de garder la tête hors de l'eau et d'éviter de se cogner contre un rocher. S'il s'assommait et perdait conscience, ça serait la fin du voyage.

    Après un bon moment dans l'eau, le flux se calma et Jack put nager jusqu'à la rive opposée. Il trouva un terrain sec et plat pour s'installer et regarda les dégâts dans son sac. Il avait veillé à bien le fermer mais l'eau s'était infiltrée partout. Il sortit tout pour tout mettre à plat et jura quand il trouva ses allumettes trempées. Il regrettait d'avoir arrêté de fumer en rentrant d'Abydos, sinon il aurait eu un briquet sur lui et il aurait pu faire un feu pour se réchauffer. La traversée lui avait pris plus de temps que prévu et le soleil était déjà bas. Jack se trouvait à l'ombre de la Montagne et commençait à grelotter.

    La seule solution qu'il lui restait pour avoir du feu était de trouver deux silex. Il tenta de se réchauffer tout en cherchant et finit par trouver son bonheur. Il récupéra son couteau et son Beretta et s'installa face à une pierre plate. Il ouvrit une des balles contenue dans le chargeur de son arme et l'ouvrit pour récupérer la poudre. Il la versa sur la pierre et avec les silex, il s'employa à faire une étincelle pour embrasser la poudre et le petit bois.

    L'opération lui prit du temps mais il parvint finalement à obtenir une étincelle qui consomma toute la poudre. Il n'eut pas le temps de mettre son petit bois au-dessus. Il jura encore et grelottait toujours. Il décida de courir un peu autour de son camp pour se réchauffer car ses doigts devenaient engourdis par le froid et s'il devait ouvrir une autre balle, il avait besoin qu'elles ne tremblent pas non plus.

    Il répéta l'opération mais il ajouta de l'herbe séchée qu'il avait trouvée un peu plus loin. Ce second essai fut plus concluant car l'herbe prit feu et il eut le temps de mettre le petit bois. Peu de temps après, il se réchauffait vraiment. Ses vêtements séchaient et il pouvait manger chaud. Il monta sa tente avant que la nuit s'installe complètement.

    Invariablement, une fois installé autour de son feu, comme pendant toutes les missions off world, son esprit revenait vers Sam Carter.

    "Elle a intérêt à m'inviter à diner quand je vais rentrer parce que les rations, ça commence à bien faire !" pensa-t-il à voix haute.

    Là, la compagnie même silencieuse de Teal'c lui manquait. Jack était un être qui avait appris à vivre seul, à apprécier la solitude parfois mais il était également un être sociable, qui avait besoin de contacts humains - ou Jaffas. Cette solitude commençait à lui peser car même le babillage incessant de Daniel lui manquait presque.

    Une fois repu, Jack enfila ses vêtements secs et parti à la recherche de grosses pierres. Il en trouva quelques-unes et les mit dans le foyer pour les faire chauffer puis il creusa un peu la terre dans sa tente. Il déposa des braises, le recouvrit des pierres puis il mit du sable par-dessus. Il déposa son sac de couchage sur le tout et se coucha. Le sac avait séché mais pas complètement et la chaleur des pierres et des braises l'aida à se réchauffer.

    Il se laissa glisser dans le sommeil après des épreuves passées et la certitude qu'il n'était définitivement pas au bout de ses peines.


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